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Deux prestigieux prix éclaboussés par le scandale le même jour

trophee Le World Press Photo et l’institution du prix Nobel de la paix ont tous deux été les théâtres de controverses distinctes, dont les issues ont été connues l’une comme l’autre mercredi dernier. Deux polémiques qui ont entraîné chacune la destitution d’un homme de son titre.

Le World Press Photo retire finalement son prix à Troilo

Mercredi dernier, deux scandales ont fait couler beaucoup d’encre, l’un concernant la présidence du comité Nobel de la paix, et l’autre ayant été déclenché au sein du World Press Photo, qui est un concours de photojournalisme situé à Amsterdam.

L’Italien Giovanni Troilo a été récompensé le 12 février par l’organisation du World Press Photo dans la catégorie « sujets contemporains ». La série qui lui a valu son prix est intitulée La ville noire – The Dark Heart of Europe, et représente la ville de Charleroi, située en Belgique en Wallonnie. Les dix clichés montrent une ville miséreuse, lugubre, à l’ambiance obscure et malsaine. Cette interprétation a soulevé de premières objections, et Paul Magnette, le bourgmestre de la commune, a dénoncé une « sérieuse déformation de la réalité qui porte préjudice à la ville de Charleroi et à ses habitants, ainsi qu’à la profession de photojournaliste ». Il a également évoqué « le caractère falsifié et mensonger des légendes, le travestissement de la réalité, la construction d’images chocs mises en scène par le photographe, malhonnêtes et qui trahissent les bases de l’éthique journalistique  ». Les suspicions de mise en scène ayant été confirmées, des voix se sont alors élevées, réclamant que l’on retire son prix au photographe.

Ce souhait a été exaucé il y a deux jours, mais pour une autre raison : en effet, il a été porté à la connaissance des organisateurs du concours que l’une des photos de Troilo, représentant un peintre en pleine création avec des modèles vivants, n’avait pas été prise à Charleroi mais à Molenbeek, une commune de Bruxelles. L’auteur de la photographie a reconnu son erreur et a présenté ses excuses, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de tromper qui que ce soit. Cela n’a pas suffi à ce qu’il conserve son prix, qui lui a donc été retiré mercredi.

troilo

Oslo tente de plaire à la Chine aux dépens de Jagland

Jagland

Thorbjørn Jagland

Le même jour, un autre homme a partagé l’infortune d’être déchu, et il s’agit du Norvégien Thorbjørn Jagland. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe n’a en effet pas été reconduit en tant que président du Comité Nobel attribuant le prix Nobel de la paix, dont il est devenu un simple membre ; la présidence appartient désormais à Kaci Kullman Five. Cette rétrogradation est une première dans toute l’histoire du prix depuis sa création en 1901.

Le Comité Nobel n’a à cette heure pas expliqué cette décision du Parlement norvégien, mais, pour certains médias, il s’agirait d’une réponse aux pressions de la Chine, qui attend certains gestes de la part d’Oslo afin d’harmoniser les relations entre les deux pays. En effet, leurs rapports sont plutôt froids depuis que le dissident Liu Xiaobo a été fait lauréat du prix Nobel de la paix en 2010 sous le Comité Jagland. Alors que la Chine avait déjà riposté en bloquant des cargaisons de marchandises norvégiennes, sa porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a signifié que ses relations avec la Norvège n’étaient « pas sujettes à changement ».

Victoria Coste

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