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En Colombie, la victoire du « non » ralentit le processus de paix

Ce dimanche 2 octobre avait lieu en Colombie le référendum relatif à l’accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Malgré les espoirs de voir ce conflit vieux de 52 ans prendre fin, les Colombiens ont finalement rejeté l’accord de paix.flag_of_the_farc-ep-svgCe référendum fait suite au texte signé le 26 septembre dernier à Carthagène par le président colombien, Juan Manuel Santos, et le chef des FARC, Rodrigo Londono, appelé communément Timochenko.

Cet accord historique pour la fin du conflit armé et la construction d’une paix durable met fin à 52 ans de tensions, d’extorsion et de violences dans le pays.

Une violence que le peuple colombien ne semble pas prêt à pardonner puisqu’hier le « non » à l’accord de paix l’a emporté avec 50,23% des voix face à 49,76% pour le « oui ». Un écart de moins de 60.000 voix sur 13 millions de bulletins de vote.

Avec un taux de participation de 37,28%, la frustration est grande pour le président colombien, M. Santos, qui a fait de la fin de ce conflit l’objectif de ses deux mandats. Il a lui-même réclamé ce référendum, non obligatoire, dans le but de donner à cet accord de paix un maximum de légitimité.

Alvaro Uribe, ex-président de la Colombie et membre du parti centre démocratique – l’un des partis s’opposant à l’accord -, était en faveur du « non ». Ses sympathisants, les urbistes l’étaient également. Pour eux, l’accord de paix avantageant les rebelles, dire « non » à cet accord c’est avant tout dire « non » aux FARC. Les colombiens n’oublient pas le mal causé par le groupe armé. La paix est difficile et pour qu’elle soit durable, le processus sera long.

Le point positif reste que c’est une démarche qui commence sur les chapeaux de roues, et dans laquelle les deux parties sont impliquées à la même échelle. Le 24 août dernier, Timochenko a annoncé le cessez-le-feu définitif et l’arrêt des hostilités. L’accord de paix stipule que les guérilleros des FARC devront déclarer la totalité de leur économie de guerre et de leurs ressources (monétaires ou non). Ces derniers se sont également engagés à dédommager matériellement toutes les victimes des conflits.

Aujourd’hui, Juan Manuel Santos ne perd pas espoir quant à l’avenir paisible dont il rêve pour la Colombie. La victoire du « non » ne mettra pas fin au cessez-le-feu, a-t-il déclaré. Il a convoqué aujourd’hui toutes les forces politiques et surtout les partis de l’opposition favorables au « non » afin d’ouvrir un espace de dialogue.

Pascale-Mahé Keingna

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