Environnement, International

En Sibérie, le réchauffement climatique cause une épidémie d’anthrax

Lundi 25 juillet, l’État d’urgence a été déclaré par le gouverneur de la péninsule de Yamal en Sibérie. Du fait des températures anormalement élevées, une épidémie d’anthrax a entrainé la mort de plus de 2.400 rennes ainsi que d’un enfant. Une première depuis 1941. caribou-1030864_960_720

On n’avait pas vu un tel phénomène depuis 1941. Une épidémie d’anthrax – ou maladie du charbon – pour laquelle on dispose de vaccins, mais aussi d’antibiotiques, s’est déclarée en Sibérie.

Les températures anormalement élevées pour la saison ont provoqué la libération de bactéries d’anthrax qui étaient jusqu’à la semaine dernière encore emprisonnées dans la glace. En effet, selon NBCnews et le Washington Post, une carcasse de renne vieille de 75 ans et infectée par l’anthrax aurait été décongelée avec la fonte du pergélisol (permafrost) sibérien, libérant la bactérie qui est alors redevenu infectieuse et a contaminée les troupeaux de rennes de la région.

Cette fonte glaciaire s’explique par les températures de 6 degrés supérieures aux normales saisonnières en Sibérie.

Ainsi, depuis plus d’une semaine, ce n’est pas moins de 1.500 rennes, porteurs de la bactérie, qui ont été tués dans la région, tandis que les carcasses de ces animaux ont été incinérées et que 4.500 autres cervidés ont été vaccinés afin d’endiguer l’épidémie qui peut se transmettre de l’animal à l’homme. Selon l’Institut Pasteur, la maladie peut alors prendre plusieurs formes, qu’elles soient cutanées, intestinales ou encore pulmonaires.

Malgré ces mesures, selon le Siberian Times, près de 2.500 rennes sont morts en l’espace de seulement 10 jours. Pire, des hommes commencent à voir des symptômes apparaître. Toujours selon le Siberian Times, un enfant de 12 ans qui faisait partie d’une famille d’éleveurs de rennes a trouvé la mort ce samedi, victime d’une forme intestinale de cette infection particulièrement virulente.

Ce serait au moins huit autres individus qui présenteraient des signes préoccupants d’infection, dont trois enfants. De façon préventive, 72 personnes sont hospitalisées et placés en quarantaine.

Devant l’ampleur de la catastrophe et le risque d’apparitions de nouvelles épidémies, l’État d’urgence a été déclaré dans la péninsule de Yamal. Les militaires ont été déployés sur place afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour éradiquer la bactérie dans la mesure où, comme l’indique le Washington Post, des chercheurs russes ont estimé qu’il existait pas moins de 200 cimetières d’animaux dans l’est de la péninsule qui seraient contaminées par l’anthrax.

Camille Saulas. 

 

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