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Entretien avec Jef Aérosol

À l’occasion de la venue de Jef Aérosol pour créer une fresque murale sur les murs de l’Institut Français d’Izmir, l’équipe d’Aujourd’hui la Turquie a eu l’occasion d’échanger avec cet artiste qui, à travers sa réalisation, a souhaité exprimer un message d’unité et de tolérance. Entretien.Quel est votre parcours ?

J’ai peint mes premiers pochoirs en 1982, sur les murs de Tours, en France. Mes premières expositions datent de 1983 – 1984 et les premières ventes aux enchères datent de 1986. Depuis, les fresques et interventions urbaines alternent avec expositions muséales et en galeries, ainsi que des participations à différents festivals ou évènements. Je travaille avec plusieurs galeries tant en France qu’à l’étranger.

Comment est né le projet à Izmir ?

Je connais Caroline David, directrice de l’Institut Français d’Izmir, depuis les années 1980. À l’époque, elle était directrice du Fonds régional d’Art Contemporain du Nord-Pas-de-Calais et m’avait d’ailleurs invité pour une exposition personnelle deux ans plus tard. Lorsqu’elle a eu ce poste à Izmir, elle a tout simplement décidé de m’inviter pour réaliser une fresque sur le mur extérieur de l’Institut.

Que représente cette fresque ?

De nombreux personnages, anonymes pour la plupart. Alors que certains jouent d’instruments traditionnels turcs, d’autres appartiennent à la culture française, quand plusieurs ne sont pas « identifiables » immédiatement. Dario Moreno et Henri Langlois sont des artistes originaires d’Izmir et qui ont fait carrière en France et ailleurs. Il y a aussi des éléments symboliques de la Turquie, comme la charrette à Gevrek, le chat ou le palmier.

Quel(s) message(s) derrière tout ça ?

L’objectif était de faire ressortir l’humanité de tous ces gens, les montrer ensemble, au-delà de l’âge et du sexe et surtout des clivages sociaux, politiques, religieux, ethniques ou linguistiques. En somme, faire comprendre que nous sommes toutes et tous riches de nos différences partagées (titre de la fresque ndlr), tout en intégrant des symboles du quotidien en Turquie.

Qu’est-ce qui vous a poussé en ce sens ?

En ces temps troublés tant en Turquie qu’ailleurs, il était essentiel de faire réfléchir et renforcer les échanges et compréhensions mutuelles, si nécessaires aujourd’hui. D’où le thème de la musique, langage universel, ainsi que la petite lectrice pour souligner l’importance de l’éducation et de la culture pour soigner les maux de notre époque, développer la pensée libre et prévenir intégrisme, obscurantisme et fanatisme.

Avez-vous d’autres projets en Turquie ?

Nous avons rencontré l’équipe de l’Institut Français d’Istanbul et nous avons réfléchi à des projets là-bas pour l’an prochain. Rien n’est confirmé pour l’instant, mais nous souhaitons tous que des interventions urbaines soient possibles. D’autant que mon séjour à Izmir, villes remplies de contrastes et surprises, était très plaisant. Je serai ravi de revenir en Turquie si l’occasion m’en est donnée.

Kıymet Altan

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