Economie, International

Envolée du Franc suisse : quelles conséquences ?

image 1Le 15 janvier dernier, la BNS (Banque nationale suisse) a annoncé une décision majeure : la suppression de son taux plancher s’établissant à priori autour de 1.20 francs suisses pour 1 euro, pour adopter la nouvelle équation : 1CHF = 1€. Qu’est-ce que cette décision engendrera comme conséquences pour la Suisse ? Comment les différentes parties prenantes s’expliquent-elles ?

Tout d’abord, la décision de « calquer » le franc suisse sur l’euro aura comme impact des pertes conséquentes, de l’ordre de 75 milliards sur ses placements en euro. Aussi, rappelons qu’à la fin de l’année 2011, les fonds propres de la BNS s’élevaient à hauteur de 73 milliards de CHF, montant inférieur aux pertes supposées.

Ensuite, notons que la BNS est une entreprise privée. Toutefois, elle est soutenue de façon illimitée par l’argent public, celui du patrimoine (épargne, assurance-vie, etc), et celui du peuple. Par conséquent, une question légitime se pose, à la période post-décision : La Banque nationale suisse sera-t-elle toujours à même d’être indépendante ? La réponse semble malheureusement être négative. En effet, la Suisse étant, d’une certaine façon, intégrée de facto à la zone euro, ce qui l’empêche, ou du moins rend difficile, sa libre disposition de sa propre politique monétaire. Les conclusions qui sont à tirer donc, au niveau de la BNS sont les suivantes : les commandes de l’entité seront désormais prises par la Banque centrale européenne, mais aussi, plus globalement, par le lobby bancaire international ainsi que ses sous-traitants, tel que la Swiss Interbank Clearing.

Par ailleurs, avant l’adoption de la décision, le SECO, le Secrétariat d’État à l’Économie, avait prévu, pour la confédération helvète, une croissance de l’ordre de 2.1%. Cependant, d’après l’institut BAK Basel Economics, basé à Bâle et opérant dans la recherche économique et le consulting, l’impact de la décision de la BNS sur la croissance de cette année en cours sera une chute considérable de 2 points de pourcentage. La croissance de la Suisse, ne sera alors, que de 0.1%.

De plus, la décision semble pénaliser surtout les branches exportatrices, notamment la chimie, l’horlogerie, le tourisme (hôtellerie, restauration, stations de ski), le secteur pharmaceutique, et les machines-outils.

Finalement, l’augmentation du chômage, quoique relativement légère, est une des autres conséquences de la décision prise par la BNS. Les caisses de pension ont déjà perdu 4% de leur fortune, et la Bourse suisse a vu ses actions chuter de 14.11% en deux jours.

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Thomas Jordan

Face à cette décision aussi rapide que brutale, Thomas Jordan, le patron de la BNS affirme que « la Suisse a une monnaie indépendante et souveraine » avant d’ajouter : « La BNS est une banque centrale indépendante. Il nous appartient de préparer nos décisions seuls. » Néanmoins, il confesse sa « grande incertitude en raison du changement de la politique monétaire de la BNS ». Propos recueillis, hier, le mardi 20 janvier, par le quotidien suisse francophone Le Temps et le journal alémanique Neue Zurcher Zeitung.

La décision de la BNS, clamée le jeudi 15 janvier dernier a suscité une forte polémique, tant de la part des milieux économiques – Les actions de Swatch Group a connu ont connu une perte de 23% de leur en deux jours – que de la part de la classe politique.

Sara Ben Lahbib

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