Politique, Société

Erdoğan veut aussi un référendum

Prenant l’exemple du référendum du Brexit, le président turc Recep Tayyip Erdoğan veut organiser un vote sur la question de l’adhésion de la Turquie  à l’Union européenne.

Le référendum britannique fait des émules.  Suivant la mouvance du « Brexit », le président Erdoğan veut un référendum pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.  Celui-ci a lancé l’idée d’une consultation des Turcs sur l’opportunité de poursuivre le processus d’adhésion, sur le même mode que la consultation de ce jeudi, au Royaume-Uni.

S’en prenant avec virulence à l’Europe, M. Erdoğan, qui a jusqu’à présent toujours dit qu’une adhésion à l’UE était un but stratégique pour la Turquie, a déclaré pour la première fois qu’Ankara pourrait organiser un référendum similaire à celui des Britanniques.

« Nous pouvons consulter le peuple, de la même manière que le font les Britanniques », a dit le président turc dans un discours prononcé tard mercredi, selon une agence de presse turque.  « Nous demanderions : Devons-nous poursuivre les négociations avec l’Union européenne ou y mettre fin ? », a-t-il déclaré, et « si le peuple dit [vouloir] poursuivre alors nous poursuivrions ».

« L’UE ne veut pas de la Turquie car elle est musulmane »

« Pourquoi traînez-vous autant ? », a-t-il lancé à l’attention de l’UE, exprimant la frustration d’Ankara devant un processus enlisé. Un important accord entre Ankara et Bruxelles en mars sur la crise migratoire connaît des ratés, l’UE n’a toujours pas accordé aux Turcs une exemption de visas dans la zone Schengen. Pour Erdoğan, l’UE à majorité chrétienne ne veut pas de l’adhésion de la Turquie car celle ci est un pays « à majorité musulmane ».

Or, des sondages ont néanmoins montré que si les Turcs étaient massivement en faveur de leur adhésion à l’UE il y une décennie, moins de la moitié d’entre eux y sont désormais défavorables. La Turquie a déposé sa candidature en 1987 et négocie péniblement depuis 2005 une adhésion reçue avec un manque d’entrain par des pays clés de l’Union. Le Premier ministre britannique David Cameron ou la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné qu’une adhésion turque n’était « pas à l’ordre du jour » et que ces négociations sont menées « avec une issue ouverte ».

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait exclu tout élargissement avant 2020 et M. Cameron a déclaré que l’adhésion d’Ankara pourrait même ne pas se concrétiser « avant l’an 3000 », froissant au passage la sensibilité turque…

G.A.A

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