Chroniques

Et si la Catalogne…

Le Parlement autonome de la Generalitat de Catalogne a finalement décidé de l’organisation d’un référendum d’indépendance le 9 Novembre 2014. Le parti au gouvernement Convèrgencia I Unió (CiU), la Gauche républicaine catalane (ERC), l’Initiative pour les Verts catalans (ICV), et les Candidats de l’Unité populaire (CUP) sont parvenus à un accord sur ce référendum. Ces forces détiennent 88 sièges sur les 135 que compte l’Assemblée catalane. La première question qui sera posée par le référendum est la suivante : « Est-ce que vous voulez que la Catalogne soit un État ? » et, en cas de réponse affirmative, « Est-ce que vous voulez que la Catalogne soit un État indépendant ? ».

Bien entendu, le parti au pouvoir en Espagne le Partido Popular (conservateur nationaliste) a réagi rapidement et sans concession en annonçant qu’une telle consultation allait à l’encontre de la loi espagnole. Le ministre espagnol de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon, a affirmé que le référendum sur l’indépendance de la Catalogne « n’aura pas lieu », en précisant que la constitution espagnole n’autorisait aucune communauté autonome à soumettre à un vote ou à un référendum les questions touchant à la souveraineté nationale.

Pour sa part, le leader catalan Artur Mas a insisté sur le fait qu’il convoquerait ce référendum en toute légalité.

L’UE quant à elle, a émis des réticences sur une Catalogne indépendante « qui ne ferait pas partie de l’espace européen ». Le Président catalan avait envoyé fin décembre une lettre aux dirigeants des pays de l’Union européenne, dans laquelle il affirmait que le vote pouvait être organisé en accord avec la Constitution, à condition que Madrid fasse preuve de volonté politique, en critiquant l’État espagnol « de ne pas trouver un moyen, 35 ans après l’adoption de la Constitution, de s’asseoir à une table pour que le peuple de Catalogne puisse s’exprimer dans les urnes ».

Le bras de fer opposant les gouvernements espagnol et catalan n’est pas près de s’achever tant l’intransigeance de Madrid est particulièrement redoutable.

L’une des régions les plus riches d’Espagne, la Catalogne a tout de même été lourdement frappée par la crise financière globale, laissant une population désenchantée et en quête de nouvelles issues. Contrairement aux différents autres exemples dans le monde, le mouvement souverainiste catalan est pour la plupart issu de la classe aisée de la société et l’on se demande si celle-ci aura la détermination et le courage d’aller jusqu’au bout ou si une solution négociée avec l’Espagne serait bien accueillie.
Néanmoins, les critiques catalanes vis-à-vis du gouvernement central, sur son incapacité à gérer cette crise et son manque de tolérance pourraient être justifiées si l’on tient en considération le référendum pour l’indépendance écossaise approuvé par le gouvernement britannique.
Justement, les Écossais vont se prononcer sur leur sort, à peine quelques semaines avant le possible référendum catalan, le 18 Septembre 2014. Si l’on se rappelle, la Gagaouzie (région autonome de Moldavie) avait aussi voté massivement dans un référendum pour son droit à l’indépendance en février dernier. Plus de 95% des votants ont approuvé l’indépendance lors de ce référendum jugé illégal par le gouvernement central. La scène souverainiste européenne semble être agitée en 2014.

Eren Paykal

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