Découverte, Société

Les étudiants turcs « accrocs » aux applications mobiles ?

Selon une nouvelle étude relayée par le quotidien turc Hürriyet, en Turquie, les étudiants qui suivent des cours à l’université passent au moins trois heures par jour sur des applications installées sur leurs smartphones. Une tendance qui a de quoi inquiéter.

Un sondage réalisé par la société de conseil turque Startups.watch., effectué dans le cadre du projet « Université Youth Mobile Application Data Research 2017 », met en lumière un phénomène préoccupant : un étudiant turc passe en moyennes trois heures et 16 minutes par jour à utiliser des applications mobiles.

Le cofondateur de Startups.watch, Serkan Ünal, a expliqué le 30 janvier que ces chiffres avaient pu être avancés grâce à un sondage réalisé dans six universités d’Istanbul, à savoir : l’université d’Istanbul, l’université Kadir Has, l’université Koç, l’université de Maltepe, l’université de Marmara et l’université technique d’Yıldız.

Les applications les plus populaires chez les étudiants turcs sont Instagram, Facebook, Twitter, YouTube et Snapchat. En effet, Serkan Ünal explique que les universitaires passent en moyenne 107 minutes chaque jour sur ces applications.

Si le temps passé sur WhatsApp n’a pas changé en 2017 par rapport à 2016 (47 minutes), le cofondateur de Startups.watch a précisé que les étudiants passent désormais beaucoup plus de temps à utiliser Instagram. En effet, en 2016, les jeunes consacraient seulement 18 minutes à cette application contre 56 minutes en 2017. De plus, ils utilisent aujourd’hui YouTube pendant 21 minutes, soit davantage que l’année précédente (4 minutes). Malgré que les minutes dédiées à Snapchat aient doublé, les jeunes universitaires utiliseraient moins cette application de façon quotidienne (14 minutes en 2017).

Les jeux et la musique arrivent bien après ces applications puisque les étudiants utilisent en moyenne leurs smartphones pour écouter durant 13 minutes de la musique et pour jouer pendant 15 minutes.

Si cette nouvelle n’étonne certainement personne en raison de l’omniprésence de nos téléphones dans notre vie quotidienne, il est tout de même important de souligner que, selon les experts de l’industrie, l’augmentation du temps que l’on passe devant l’écran de notre téléphone s’explique par la conception des applications qui n’hésite pas à faire appel aux neurosciences ainsi qu’à l’intelligence artificielle pour stimuler notre plaisir et que l’on ressente le besoin de retourner sur nos applications.

En effet, dans un reportage de Virginia Smart pour la CBC, Ramsay Brown, le cofondateur de Dopamine Labs (Californie, États-Unis) qui conseille les compagnies à l’origine des applications pour smartphone, déclarait que « nous vivons réellement dans une nouvelle ère où nous ne concevons plus des logiciels. Nous concevons des esprits », avant d’ajouter que, en quête de toujours plus de profits, les entreprises « ont besoin que nos yeux soient rivés sur l’application aussi longtemps que possible (…) Et elles sont toutes engagées dans une course aux armements technologiques pour que l’on s’en serve longtemps ».

Ainsi, M. Brown explique que les mécanismes de récompenses sont activés afin de libérer des flux de dopamine dans le cerveau. Or, la dopamine est à l’origine du plaisir, mais aussi de l’attention des utilisateurs. À cela s’ajoute l’intelligence artificielle qui permet de définir le moment opportun pour relâcher ce neurotransmetteur.

Mais quid des impacts de cette utilisation excessive sur la santé ? De nombreux spécialistes craignent que cela n’affecte la mémoire, mais aussi la concentration, l’humeur, et finalement notre bien-être. Si, sans surprise, trop de temps sur nos téléphones intelligents nuit à notre sommeil, cela favorise aussi la dépression.

Camille Saulas

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *