International

Fin de la crise des visas entre la Turquie et les États-Unis

Après plus de deux mois d’importantes restrictions sur la délivrance des visas par les services consulaires des deux pays, Ankara et Washington viennent de mettre un terme, jeudi 28 décembre, à cette grave crise diplomatique.En moins d’une heure, la brouille entre la Turquie et les États-Unis a officiellement pris fin jeudi 28 décembre à la suite de la publication de deux communiqués successifs. Le premier provient de l’ambassade américaine à Ankara, qui a annoncé la « reprise complète des services de visa ». Quelques dizaines de minutes plus tard, l’ambassade de Turquie à Washington a déclaré elle aussi mettre fin aux restrictions concernant la délivrance de visas pour les Américains.

L’origine de cette crise diplomatique se trouve dans l’arrestation par la Turquie de Metin Topez, un employé local du consulat américain d’Istanbul, le mercredi 4 octobre. Ce dernier est accusé d’ « espionnage » et de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen, un imam réfugié aux États-Unis et considéré par le gouvernement turc comme étant le fomentateur du coup d’État raté du 15 juillet 2016. Pour le porte-parole du président Recep Tayyip Erdoğan, cette inculpation se justifie par l’existence d’un « intense trafic téléphonique » entre l’employé et certains acteurs présumés du putsch.

Les États-Unis, « profondément troublés » selon un de leur communiqué publié le lendemain, ont peu après estimé que les accusations de la justice étaient « sans fondement ». En représailles, Washington a donc pris l’initiative, le 8 octobre, de suspendre la délivrance de visas, excepté les visas d’immigration, dans ses missions consulaires en Turquie. Une décision lourde de conséquences, qui a entrainé une réponse de nature similaire de la part d’Ankara. Ce conflit diplomatique a notamment eu des répercussions sur le secteur financier. Le lendemain, la compagnie d’aviation nationale, Turkish Airlines, perdait 8% à l’ouverture Bourse, selon un article du Monde.

Malgré la résolution de la crise des visas, des points de désaccord semblent persister entre les deux pays. Dans leur communiqué du 28 décembre, les États-Unis assurent que la Turquie s’est engagée à tenir différentes promesses vis-à-vis d’eux, dont le fait qu’aucun employé local de l’ambassade ou des consulats américains ne seraient détenus ou arrêtés pour avoir exercé leurs « devoirs officiels ». Aussi le gouvernement turc a promis de prévenir le gouvernement américain en avance s’il compte arrêter un membre de leur personnel local dans le futur, mais aurait aussi affirmé qu’il n’y a pas d’autres investigations en cours sur des employés de la mission diplomatique américaine dans le pays. L’ambassade turque à Washington nie cependant s’être engagée sur ce dernier point. Par ailleurs, des éléments extérieurs à cette affaire renforcent les tensions entre la Turquie et les États-Unis. La livraison américaine d’armes aux miliciens kurdes syriens du YPG, une organisation qualifiée de terroriste par Ankara, dans le cadre de la lutte contre l’organisation Etat Islamique, en est un des nombreux exemples.

Jean-Baptiste Connolly

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