International, Politique

Forte progression de l’extême-droite sur la scène politique européenne

1829472_3_5508_le-parlement-europeen-le-12-octobre_47b23d4e34e67b799d633c81d7c0bc37Les élections européennes du dimanche 25 mai 2014 ont été marquées par une poussée des extrêmes et un fort taux d’abstention (43,09% dans l’ensemble de l’Union Européenne). Des partis « eurosceptiques » l’ont notamment emporté dans trois pays, dont la France, où le Front national a obtenu 25 % des suffrages. D’un point de vu global, le Parti populaire européen (droite) arrive en tête du scrutin, avec 212 sièges contre 273 dans le Parlement sortant. Quant aux socialistes, ils comptent désormais 186 élus contre 196 en 2009. Le groupe des libéraux-démocrates détient la troisième position, avec 71 élus, contre 83 dans l’hémicycle sortant.

Les conservateurs majoritaires dans certains pays

Allemagne : Le parti de la chancelière Angela Merkel (CDU-CSU, droite démocrate-chrétienne et conservatrice) est arrivée en tête avec 35,3 % des suffrages (36 sièges), malgré une percée du parti anti-euro AFD (Alternative pour l’Allemagne). Le SPD (Parti social démocrate) est crédité de 27,3 % des voix (27 sièges), contre 20,8 % en 2009, tandis que l’AFD, créé au printemps 2013, réalise un score de 7 % qui lui permettrait de faire son entrée au Parlement européen (7 sièges). Ce serait aussi le cas des néonazis du NPD (Parti national démocrate, 1 % des suffrages, 1 siège), l’Allemagne ayant supprimé une règle fixant un seuil d’entrée minimal de 3 %. Les écologistes remportent 10 sièges avec 10,7 % des voix et, à l’extrême gauche, Die Linke enregistre 7,4 % des suffrages (6 sièges).

Autriche : Les conservateurs chrétiens-démocrates de l’ÖVP (Parti du peuple autrichien) sont arrivés en tête du scrutin avec 27,3 % des suffrages (2,7 % de moins qu’en 2009), devant les sociaux-démocrates du SPÖ, qui atteignent 24,2% (+ 0,5 %). Le SPÖ et l’ÖVP gouvernent ensemble l’Autriche dans une coalition dominée par le SPÖ. Le parti d’extrême droite FPÖ, qui espère constituer un groupe commun avec notamment le Front national, est troisième du scrutin avec 20,5% des suffrages, contre 12,7% en 2009. L’ÖVP devrait pourvoir 5 ou 6 des 18 sièges de députés européens attribués à l’Autriche. Le SPÖ aurait 5 sièges, le FPÖ 4. Les Verts progressent de plus de 4 points par rapport à 2009 pour obtenir 14 % des voix et 2 ou 3 sièges. Le parti libéral NEOS (8,5 %) obtient un siège.

L’extrême droite gagne du terrain sur la scène européenne

Danemark : Le Parti populaire danois, une formation anti-immigration, a largement remporté les élections européennes au Danemark avec 26,7 % des voix. Ces résultats lui donnent quatre des treize sièges que le Danemark envoie au Parlement européen, soit deux fois plus que lors des précédentes élections européennes en 2009. Le DF a largement distancé les sociaux-démocrates au pouvoir à Copenhague, qui obtiennent 19,1 % des voix et voient leur nombre de sièges au Parlement européen réduit de quatre à trois.

France : Le Front national est le grand vainqueur de ces élections européennes. Selon les résultats quasi définitifs dévoilés par le ministère de l’intérieur en fin de soirée, le parti de Marine Le Pen arriverait en tête avec 25,65 % des voix et 23 à 25 députés. L’UMP obtiendrait 20,67 % des suffrages (18 à 21 sièges), le Parti socialiste 13,97 % (13 sièges), l’UDI-Modem 9,76 % (6 à 8 sièges), Europe Ecologie-Les Verts 8,86 % (6 sièges), le Front de gauche totaliserait 6,23 % des votes et obtiendrait 4 sièges.

Hongrie : Le parti conservateur Fidesz du dirigeant hongrois Viktor Orban a largement dominé les élections européennes en Hongrie, remportant 51,5% des suffrages (12 des 21 sièges). Cela dit, le Jobbik, un parti ultranationaliste au discours volontiers raciste, antisémite et anti-Roms, arrive en seconde position avec 14,7 % des voix (3 sièges). Il recule toutefois de six points par rapport à son score des législatives du 6 avril.

Royaume Uni : Les eurosceptiques de l’UKIP recueillent un score historique de 27,5 % : c’est la première fois depuis 1910 que ni les travaillistes, ni les conservateurs remportent une élection dans le pays. Le Labour arrivent deuxième de justesse (25,4 %), juste devant les conservateurs (23,9 %). Les libéraux-démocrates, les plus pro-européens, essuient une défaite catastrophique (6,9 %), les Verts leur passant devant (7,9 %).

Certains partis de gauche résistent

Grèce : Le parti Syriza (Coalition de la gauche radicale) serait légèrement en avance sur le mouvement de droite Nouvelle Démocratie (ND), du premier ministre, Antonis Samaras, selon les premières estimations sortie des urnes. Dirigé par Alexis Tsipras, Syriza, qui a bâti sa campagne électorale sur la dénonciation des mesures de rigueur, obtiendrait entre 26 % et 30 % des voix et la ND entre 23 % et 27 %, selon un sondage commun réalisé par six instituts diffusé sur les chaînes de télévision du pays. La formation d’extrême droite Aube dorée (XA) obtiendrait, elle, un score compris entre 8 % et 10 %, en progression par rapport à son résultat obtenu lors des législatives de 2012, où elle avait remporté 6,9 % des suffrages. Les socialistes du Pasok (Mouvement socialiste panhellénique) obtiendraient de 7 % à 9 % des voix.

Espagne : Les deux grands partis traditionnels espagnols, le Parti populaire (PP), de droite, au pouvoir depuis 2011, et le Parti socialiste (PSOE), d’opposition, reculent de manière spectaculaire face à de petites formations, notamment de gauche. Sur un total de 54 députés européens, le PP remporte 16 sièges contre 24 actuellement tandis que le PSOE gagne 14 députés contre 23, cédant du terrain face aux petites formations comme Podemos, né de la mouvance des indignés, qui entre au Parlement européen avec cinq sièges. Outre Podemos, les écolo-communistes de Izquierda plural (Gauche plurielle) gagnent six députés, contre deux dans le Parlement sortant. Le petit parti centriste UPyD passe d’un à quatre sièges.

Italie : Le Parti démocrate (PD), la formation de centre gauche du chef du gouvernement italien Matteo Renzi, est arrivé en tête en devançant le Mouvement Cinq Etoiles de l’eurosceptique anti-partis Beppe Grillo, selon les premiers sondages cités par les différents médias dimanche soir. Selon les estimations de différents instituts de sondage, le Parti démocrate s’adjugerait entre 36,8 % et 41,4 % des suffrages, le M5S entre 22,4 % et 25,3 %, tandis que Forza Italia, le parti de centre droit de Silvio Berlusconi arriverait troisième avec environ 15,7 % des voix.

Anaïs Sarrassat

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *