International

Intervention en Libye : pour le président égyptien, « il n’y a pas d’autre choix »

Invité à s’exprimer sur la radio Europe 1, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé à une intervention militaire collective en Libye afin d’y combattre le terrorisme.

sissi

Pour une intervention en Libye

Lors de l’interview d’al-Sissi faite ce matin par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, le président égyptien a déclaré souhaiter une résolution de la part de l’ONU pour une intervention armée internationale en Libye. Pour le chef d’État, il s’agirait du seul choix possible. « Il faut traiter ce problème, car la mission n’a pas été achevée par nos amis européens. Nous avons abandonné le peuple libyen, prisonnier de milices extrémistes », a-t-il ajouté. Il a ensuite lancé un avertissement à l’ensemble des Européens et tout particulièrement à la France, qui est selon lui, en tant que pays du bassin méditerranéen, menacée par la situation de la Libye.

Le chef d’Etat égyptien est également revenu sur l’achat de 24 avions de combat français Rafale et d’une frégate multimissions, également française, par son pays. Ces investissements ont été à hauteur de 5,2 milliards d’euros. Lors de la signature du contrat, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait salué cet achat, et avait affirmé : « Aujourd’hui, nos deux pays mènent un combat commun contre le terrorisme, ce même terrorisme qui menace la Libye d’effondrement, ce même terrorisme qui nous a touchés au cœur début janvier, ce même terrorisme qui vous a touchés au cœur hier ». La France et l’Égypte souhaitent donc travailler ensemble en matière de lutte contre le djihadisme et le terrorisme, raison pour laquelle un accord de coopération stratégique en la matière a été signé au Caire entre les deux États.

Il est vrai que la situation en Libye semble se dégrader, et que l’épée de Damoclès qui menace par conséquent l’Égypte se fait de plus en plus lourde. Dimanche dernier encore, Daech publiait une vidéo montrant la décapitation de 21 Egyptiens de confession copte. De nouveaux crimes qui inquiètent quant au sort de la Libye.

Quatre ans après le « jour de la colère », où en sommes-nous ?

Il y a quatre ans jour pour jour, une insurrection éclatait en Libye dans la ville de Benghazi, avant de s’étendre dans le pays et de déclencher une véritable guerre civile. Les opposants au colonel Kadhafi et les forces de sécurité s’étaient affrontés, donnant lieu à des émeutes sanguinaires brutalement réprimées à l’aide de snipers, hélicoptères et gros-porteurs. Au cours des luttes dans la ville de Zenten, des bâtiments officiels avaient été incendiés et des dissidents arrêtés, mais c’est bien le soulèvement de Benghazi qui avait vu être menés les combats les plus acharnés. Au terme de ces effusions de violence, les révolutionnaires, assistés par des soldats mutinés, s’étaient emparés de la ville qui avait été désertée par la police et par l’armée. La guerre s’est ensuite poursuivie jusqu’à la mort de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011.

LibyeAprès cette victoire populaire, l’espoir a pour un temps bercé le pays. Pourtant, quatre ans après le « jour de la colère », une chose est claire : la Libye est encore livrée au chaos, et est même devenue un haut-lieu du djihadisme. Depuis la fin de la révolution libyenne, le pays est dirigé par des milices islamistes proches de Daech qui se font la guerre et ont divisé le territoire en cinq zones, lesquelles ont toutes sombré dans la violence. Les milices s’enrichissent grâce aux trafics, font régner la terreur et certaines imposent même la charia. Face à cette mainmise et à la multiplication des actes terroristes, le pouvoir central est impuissant.

Victoria Coste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *