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Istanbul : Le « Sahaf Festival » ou la magie des livres anciens

Pour la première fois, le Sahaf Festival s’est installé à Kadıköy, sur la rive asiatique de la ville. Caché entre les trains de la mythique gare de Haydarpaşa, de nombreux stands de livres anciens sont encore à découvrir jusqu’au 3 décembre. Un véritable voyage dans le temps à ne pas manquer.

L’ambiance est calme et presque envoutante à l’entrée de la gare de Haydarpaşa, qui semble abandonnée. Il est 18 heures et, à seulement quelques pas de là, le soleil se couche sur le Bosphore. Une douce lumière rouge éclaire la dizaine de petits bateaux de pêche, amarrés juste en face du vieux bâtiment. À mesure que l’on s’enfonce dans la gare désaffectée, des voix se font entendre. Peu à peu, ce sont des silhouettes qui se distinguent et, finalement, un quai entier investi tout du long par des bouquinistes apparait sous nos yeux.

Ils sont près de 44 libraires et antiquaires à avoir été choisis pour participer au « Sahaf Festival », organisé chaque année à Istanbul. En règle générale, ils se donnent rendez-vous à Beylikdüzü ou à Beyoğlu, sur la rive européenne de la ville. Mais cette année est spéciale. La municipalité a autorisé leur installation à la gare de Haydarpaşa, qui revie pour l’occasion. Certains voudraient que le festival soit organisé tous les ans dans ce bâtiment mythique d’Istanbul. Construit en 1908, son architecture allemande de style néo-renaissance a servi de décor pour de nombreux films.

Des livres anciens aux vieux vinyles, en passant par les magazines démodés ou les photographies d’un temps passé, les visiteurs peuvent se laisser entrainer pendant des heures, à fouiller inlassablement dans les nombreuses étales à leur disposition. Les prix sont plus que raisonnables et il est possible de trouver de nombreux livres et magazines en français et en anglais. Certains auront peut-être même la chance de tomber sur des objets rares d’une grande valeur. Car l’ensemble des bouquinistes est composé de professionnels, et leur marchandise est le fruit d’un long travail de recherche. La grande majorité possède des magasins à Istanbul, ou plus largement en Turquie.

C’est notamment le cas d’Umit Nar, l’organisateur de l’événement. Lorsqu’il n’est pas derrière son stand, à couvrir les différents festivals de la ville, il est dans sa boutique du passage Aslihan, à Beyoğlu. Son travail se concentre en particulier sur « les choses rares », comme il le dit lui-même. « Mais on a quand même besoin d’argent et donc on doit vendre des livres populaires », nous confie-t-il. C’est lui qui a le plus contribué à la sélection des participants au festival. Chaque fois, il « essaye de ramener les meilleurs bouquinistes » pour cet événement hors du temps.

Ce week-end est le dernier moment pour en profiter, avec un beau programme à la clé. Un stand consacré aux livres anciens sur les trains est installé à l’entrée du festival. Aussi, un groupe de musiciens composé d’un saxophoniste, d’un guitariste et d’un percussionniste se produira en exclusivité samedi 2 décembre dans la gare de Haydarpaşa. Et pour ceux qui ne pourraient pas s’y rendre, tout n’est pas perdu. Un nouveau festival de livres anciens sera peut-être organisé à Kadıköy cette année, nous a confié avec espoir Umit Nar avant de fermer son stand.

Jean-Baptiste Connolly

Crédit photos : Jean-Baptiste Connolly

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