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L’Allemagne partagée entre eurosceptiques et pro-européens

Européennes 2014En Allemagne, comme dans chaque pays membre de l’Union Européenne, se préparent les élections Européennes pour fin mai 2014. Alors que les différents partis tentent de se démarquer les uns des autres, la population reste partagée entre scepticisme et engagement européen.

Une élection aux enjeux capitaux

Alors que les dernières élections Européennes de 2009 n’avaient fait l’objet que de 43% de participation chez les Allemands, celles de 2014 devraient, selon les prévisions des spécialistes et des médias, rassembler la population. Du moins l’espère-t-on vivement outre-Rhin. Dans le contexte de la crise économique qui n’en finit pas et de la montée du nationalisme, ce sont les bulletins de vote des citoyens européens qui pourraient faire la différence. Plus que jamais, les enjeux de ces Européennes sont importants. Les pro-européens craignent une progression des partis eurosceptiques au sein du Parlement, évoquant un véritable « danger ». En Allemagne, comme dans les autres pays membres, les citoyens sont indécis. Il faut dire qu’en marge de la situation actuelle, l’Euro semble être un « boulet » pour ce pays à l’économie florissante. Mais avec ses 96 sièges au Parlement Européen, le pays se doit de se rendre aux urnes et de faire son choix. Dans cette course aux Européennes, ce sont avant tout les partis allemands qui s’affrontent les uns les autres.

Des partis qui risquent leur existence, d’autres qui progressent

Pour la gauche libérale, le FDP, il est capital d’obtenir des sièges au Parlement Européen après son échec aux élections fédérales de septembre 2013 en Allemagne [le parti n’est plus représenté au Bundestag, ndlr]. Le parti se doit d’atteindre la barre des 3% sans quoi c’est son existence même qui sera menacée. Mais les membres du FDP apparaissent plutôt confiants malgré les enjeux de taille, car historiquement et fondamentalement, l’Union Européenne est au cœur de sa politique. Ils se disent eux-mêmes « parti européen convaincu », plus apte que n’importe quel autre à agir au sein du Parlement. Pourtant, selon les premières statistiques apparues fin janvier, le parti récolterait à peine le pourcentage nécessaire à sa sauvegarde. Un double-enjeu donc pour les libéraux. Face à eux, le parti AfD – Alternative für Deutschland, c’est-à-dire Alternative pour l’Allemagne, parti eurosceptique créé en février 2013 – fait beaucoup parler de lui, critiquant notamment les « vieux partis » et définissant la question de l’Euro comme « obsolète ». Le parti aurait de grandes chances d’obtenir sa place pour la première fois au Parlement Européen, les sondages lui donnant 7% d’intentions de vote. L’AfD a par ailleurs conclu un partenariat avec son homologue anglais, le parti de droite Ukip, favori en Grande-Bretagne pour les élections Européennes à venir. Une entente, qui en plus de renforcer sa position, tend à taire les critiques des opposants qui le qualifiait de parti d’extrême-droite.

Quant à la coalition des sociaux-démocrates SPD et des chrétiens-démocrates CDU/CSU en tête du gouvernement allemand depuis les élections fédérales, il s’agit de faire chemin séparé dans cette course aux sièges au Parlement Européen. Le parti socialiste, en particulier, a exprimé sa volonté d’unité dans son action, souhaitant définitivement se démarquer de son partenaire à l’échelle européenne. C’est d’ailleurs l’allemand Martin Schulz du SPD qui a été choisi comme candidat du parti S&D pour la présidence à la Commission Européenne. D’après les premiers sondages, le SPD remporterait 26% des voix, contre 42% pour le CDU/CSU – score à peu près identique à celui des élections de septembre 2013. En ce qui concerne le parti des Verts, c’est là encore une Allemande, Franziska dite « Ska » Keller, qui a été désignée en coopération avec le Français José Bové pour l’élection à la Commission Européenne. Le parti écologique récolterait 10% des bulletins de vote. Quant à la gauche, die Linke, elle se maintiendrait avec 8% d’intentions. Au cœur de ces élections, certains partis mettent donc leur existence en jeu, tandis que d’autres sont en passe de s’imposer en force : ce qui est certain, c’est que les partenariats en vigueur au sein du Bundestag semblent ne plus avoir aucune valeur lorsqu’il s’agit d’un niveau européen.

Julie Delaporte

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