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L’Arabe du Futur 2 : l’histoire du succès d’une bande dessinée

« J’ai écrit l’Arabe du Futur en espérant que ma grand-mère puisse le lire. Et pour faire taire tous ceux qui pensent que la BD est destinée aux débiles légers. »

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Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf nous fait découvrir sa jeunesse au Moyen-Orient dans les tomes 1 et 2 de l’Arabe du Futur. Le premier tome nous plonge dans la vie de ce jeune Franco-Syrien entre 1978 et 1984, entre la Libye et la Syrie. Le succès de ces petites bande dessinée est sans appel, le premier tome s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires, a été traduit en 14 langues et primé du Fauve d’Or du meilleur album 2014 au Festival international de la bande dessinée.

Quoi de plus original qu’une BD pour partager une histoire familiale tiraillée entre la France et le Moyen-Orient. Après le succès du tome 1, en juin 2015 est sorti le Tome 2, relatant « l’Histoire vraie d’un écolier blond dans la Syrie d’Hafez Al-Assad », de 1984 à 1985. On y découvre la vie d’un jeune garçon scolarisé dans une école à Ter Maaleh. Traumatisé par une maîtresse qui n’hésite pas à user du bâton pour se faire écouter, le jeune Riad apprend à lire et à écrire l’arabe. La BD nous plonge dans le quotidien d’une famille vivant en Syrie, découvrant la beauté de la cité antique de Palmyre, aujourd’hui grandement endommagée par les massacres perpétrés par l’Etat Islamique

Et voilà qu’il y a quelques jours, Riad Sattouf annonçait à ses lecteurs sur les réseaux sociaux qu’il figurait sur la liste des nominés au Grand Prix du Festival d’Angoulême. La joie de cette nouvelle a rapidement été nuancée par l’auteur, estimant regrettable de ne voir figurer aucune femme dans la liste des nominés : « Bonjour !

J’ai découvert que j’étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d’Angoulême de cette année. Cela m’a fait très plaisir !

Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes.

Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d’y être. Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je ne vais pas faire la liste de tous les gens que j’aime bien hein !). (…) Je demande ainsi à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire ! Merci ! On se voit à Angoulême ! Riad ».

Le lendemain même, le Festival d’Angoulême annonçait dans un communiqué que des auteures seraient ajoutées à la liste déjà existante…

Kheira Djouri

 

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