Société

Le drapeau européen flotte au consulat de France

Lors de la journée de l’Europe le 9 mai, le consulat français a hissé le drapeau européen. Les couleurs tricolores et le cercle étoilé flottent dorénavant sur Istanbul. C’est l’occasion de se replonger dans cette grande relation d’amour entre la France et la Turquie.

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480 ans de relations entre la Turquie et la France! C’est bel et bien l’une des plus anciennes liaisons pour l’Hexagone. En effet, cela remonte en 1536 où la régente de France, Louise de Savoie, avait envoyé à Soliman le Magnifique une première Ambassade chargée de précieux cadeaux. Mais ce dernier se fit massacrer, en chemin, par le pacha de Bosnie. Le roi de France, François 1er, est toujours sous les barreaux après la défaite de Pavie en 1525. Soliman a alors fait sa célèbre déclaration : « François, roi du pays de France, à prendre courage et à ne pas se laisser abattre. Nuit et jour notre cheval est sellé et notre sabre est ceint ». En 1526, les Turcs battent les Hongrois lors de la guerre de Mohacs et François 1er fut libéré. Aux yeux de l’Europe, le roi de France devint le  » très chrétien bourreau de la chrétienté « .  En février 1536, un Traité d’Alliance  est conclu. Ces textes  offrent à la France un droit de représentation permanente avec une Ambassade et des Consulats en Turquie, avec des avantages commerciaux avec la Sublime Porte.

un compagnon d’arme depuis la nuit des temps

Cela a même commence à l’ère de la piraterie. Khayr ad-Din Barberousse, le célèbre corsaire de l’Empire Ottoman, s’est allié à François 1er pour attaquer l’Italie. En août 1543, la ville de Nice, rattachée au duché de Savoie, allié de Charles Quint, fut assiégée. La ville basse est alors conquise après plusieurs assauts sur trois semaines. Après cette victoire Barberousse et ses hommes sont invités à séjourner à Toulon. Sur ordre du roi de France François 1er, la ville est mise à la disposition de ces corsaires musulmans. En 1807, l’Angleterre menace la Turquie et envoie un ultimatum à Selim III  » renouveler l’alliance anglo-turque, expulser l’Ambassadeur de France, le général Sébastiani, et remettre aux Anglais les forts des Dardanelles. Avec l’appuie du Général Horace François Bastien Sébastiani, Selim III n’accepte pas l’ultimatum. C’est alors qu’une immense flotte menée par l’Amiral anglais John Thomas Duckworth force l’entrée des Dardanelles avec une puissante flotte et arrive à Istanbul. Le général Sébastiani dirige les travaux de défense de la ville. Une réussite puisque l’amiral Duckworth a dû se replier. La France et la Turquie (mais aussi le Royaume-Uni) se sont alliés face à la Russie durant la guerre de Crimée en 1853. Sortis grand vainqueur, Le traité de Paris du 30 mars 1856 à mis fin à cette guerre. Le 30 mars dernier c’était le 160e anniversaire.

Des amoureux de la culturel

En voyage à Paris en 1867, le Sultan Abdulaziz a été impressionné par l’éducation à la française. A son retour, le lycée impérial de Galatasaray a été créé. L’enseignement est essentiellement en français. Selon un communiqué de l’ambassade d’Ankara, ce lycée « forma les élites réformatrices de l’Empire et celles qui allaient aussi participer à l’œuvre réformatrice de Mustafa Kemal. Dans les faits l’histoire de Galatasaray remonte à 1481, date à laquelle le premier établissement d’enseignement supérieur fut ouvert à l’emplacement de l’actuel lycée, et qui s’appelait déjà école impériale de Galatasaray mais qui eut par la suite des fortunes diverses. »

Le plus illustre des français, Charles de Gaulle, a même fait un court passage pour fêter en 1968 le 100e anniversaire de cette école. Lors de son voyage en Turquie, au Mausolée d’Atatürk à Ankara, il a prononcé un discours avec quelques phrases turques en rendant hommage à Mustafa Kemal. Il inscrit sur le livre d’or du mausolée : « De toutes les gloires, Atatürk a atteint la plus grande : celle du renouveau national ». Il a alors montré les efforts de la Turquie en terme de modernisation.

Un autre président français est venu dans cette école. Il s’agit de François Mitterrand. C’etait le 14 avril 1992, il a participé à la signature d’un accord de coopération en vue de la création de l’établissement d’enseignement intégré de Galatasaray et sur le rayonnement de la langue française. « Galatasaray est un symbole. En signant aujourd’hui l’accord qui fondera le nouvel établissement intégré, nous avons conscience d’engager nos deux pays pour de nouveaux temps dans une oeuvre commune. On ne peut prendre à la légère un tel engagement. Rappelons que la Turquie qui entretient avec la France des relations diplomatiques depuis un demi-millénaire, a avec nous des liens particuliers. » souligne François Mitterrand.

Mais chaque relation à des dispute

Entre la crise migratoire et une liberté de la presse muselée, les relations entre la Turquie et L’Union Européen reste particulièrement tendue. De plus le ton est monté d’un cran lorsque le premier ministre, Ahmet Davutoglu, a été forcé à démissionner. Ce dernier, qui avait été participé à l’accord signé avec l’UE, était de plus en plus en désaccord avec le tournant autoritaire du président turc.Assez curieusement, tous ces développements négatifs ont amené à un résultat positif. Même si la Turquie a du mal à adhérer à l’Union Européenne, elle participe pleinement et la soutien dans ces projets. L’Union Européenne ne peut se passer de la Turquie. Le ministre turc des Affaires Européennes, Volkan Bozkir, a déclaré, ce lundi, que  » la Turquie qui fait partie du continent européen, est aussi, un pont qui relie l’Asie à l’Europe. Avec cette particularité, elle joue un rôle dans la propagation, à plus grande échelle, des valeurs universelles et des droits humains ».

D.A.

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