Société

Le marathon d’Istanbul, d’hier à aujourd’hui

Malgré des débuts très modestes, le marathon d’Istanbul est vite devenu, à l’image de la ville qui l’accueille, une course unique et un point de rassemblement des différentes cultures. Retour sur ce grand événement qui aura lieu le 15 novembre dans les rues de l’ancienne Constantinople, et qui en aura marqué plus d’un, d’hier à aujourd’hui.

Au départ, le but était simplement d’organiser un marathon, sans grande ambition. Mais Istanbul étant une ville unique aussi bien en termes d’histoire, de culture, que de géographie – traversée par le Bosphore, marquant symboliquement la limite entre l’Europe et l’Asie –  l’ancienne Constantinople a vite accueilli un marathon tout aussi unique, reconnu dans le monde entier : un événement incontournable pour les professionnels comme les amateurs de course à pieds.

En 1978, le comité chargé d’organiser le tout premier marathon, empêtré dans des problèmes de finance et de logistique, apprend qu’un groupe de touristes allemands a prévu de se rendre à Istanbul l’année suivante, dans le cadre d’un périple dans plusieurs pays, dont le but est de participer à une course dans chaque ville visitée, tel que le célèbre marathon le long du Nil en Egypte. Le défi est lancé. Ayant résolu les problèmes de trafic, les organisateurs invitent alors des athlètes turcs à se joindre aux 34 Allemands pour ce tout premier « marathon d’Eurasie ». A 700 mètres du pont du Bosphore, le petit groupe s’élance en ce jour historique. La course de 42,195 km est remportée par le Turc Hasan Saylan (2:35:39). Depuis, les performances n’ont cessé de s’améliorer avec un record de 2:10:42 pour le Kenyan Vincent Kiplagat en 2010, et nombre de grands athlètes, turcs et internationaux, se prêtent à l’exercice, aussi bien pour s’entraîner que pour prendre part à la convivialité de cette rencontre.

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Pour les amateurs de course à pied, les bienfaits de l’exercice ne sont plus à démontrer : entretien de son corps, dépassement de soi, activité sociale, découverte de paysages… le marathon a tout pour plaire. Moyennant une certaine préparation physique et mentale. Berk, qui court quotidiennement depuis maintenant un peu plus de deux ans, explique être passé par différentes phases avant de se décider à participer à cette course mythique. Intéressé par le sport depuis l’âge de 12 ans, ce n’est qu’après la fin de ses études, poussé par un petit groupe d’amis du lycée Saint-Benoît, qu’il a réellement commencé à apprécier le sport à haute dose. « Au début, je ne courais que 5 km par semaine », relate celui qui est passé par la natation, le basketball et le fitness avant de se tourner vers la course à pieds, « mais à force de m’entraîner, j’ai été capable de faire 11, 12 km en une heure. » En mai 2014, on lui propose pour la première fois de faire le semi-marathon de Bozcaada. En 55 minutes, il parvient à venir à bout des 10 km, lui permettant de se classer parmi les 300 premiers sur 1000 participants.

Pour Berk, la participation à des courses est loin de n’être qu’une histoire de performance, même s’il reconnaît une certaine satisfaction à pouvoir désormais boucler un 10 km en 45 minutes. Le plus motivant selon lui, c’est de pouvoir partager cette passion avec ses amis. Le sport lui a d’ailleurs permis de retrouver certains vieux copains, perdus de vue au fil des années. C’est d’ailleurs tous ensemble que la joyeuse petite troupe se rendra à Barcelone en mars prochain pour participer au marathon. En attendant, pour se préparer, et en vue également de l’imminence du marathon d’Istanbul, le groupe d’amis partage une application smartphone où les entrainements et les performances de chacun s’inscrivent automatiquement. « Je n’ai encore fait que 10 km cette semaine, mais mon ami, là, regardez, il en est déjà à presque 50 ! », rigole Berk en nous montrant l’écran de son téléphone. « C’est une façon de nous soutenir et de nous motiver. »

IMG_8597Quelques conseils avant d’entamer le marathon d’Istanbul ? Outre une bonne alimentation (privilégier glucide et potassium) et une bonne hydratation (ne pas boire trop d’eau d’un coup) avant, pendant et après l’effort, Berk rappelle qu’il est important de « surprendre » son corps lors des entrainements : changer de parcours, d’horaire, alterner les exercices physiques permet au cerveau de ne pas s’habituer à l’effort quotidien et d’en accueillir tous les bienfaits même après plusieurs années. Sa nouvelle trouvaille à lui, c’est le cross-fit, combinant gymnastique, haltérophilie, force athlétique et sports d’endurance. Il s’entraîne plusieurs fois par semaine, avec pour objectif la participation à un triathlon dans 3-4 ans.

Des bonnes raisons de courir, Berk en a beaucoup. Mais avant tout, « vivre plus longtemps ! », s’exclame tout sourire notre sportif, « le sport rend plus fort, physiquement et psychologiquement ». Le 15 novembre prochain à 9h00 précises, il franchira avec son éternelle bonne humeur la ligne de départ du marathon d’Istanbul.

Noémie Allart

1 Comment

  1. On peut ajouter à cet article, que les Français ne sont pas en reste quand à l’évolution du marathon d’Istanbul, et du tournant décisif qu’il va prendre à partir de 1995, avec l’arrivée de Recep Tayip Erdogan à la tête de la municipalité d’Istanbul, très motivé pour faire de ce marathon un grand événement populaire, et l’implication d’André Ciccodicola, rédacteur en chef de Jogging International et de Jean Michel Foucault, Directeur de l’agence de voyages Tab Turizm – Turquie Passion. Les deux Français découvrent ensemble un jour d’octobre 1994 l’existence de ce marathon en lisant un calicot promotionnel accroché sur une passerelle d’Aksaray et décident d’unir leurs efforts pour médiatiser le marathon d’Istanbul en France – http://www.marathon-istanbul.com – afin d’y attirer le plus grand nombre de coureurs Français. A l’époque, la participation ne dépassait pas trois à quatre cent coureurs et les Français vont dès 1995 représenter près de 40 % des participants… ! A ce jeune marathon, encore à la recherche du parcours idéal, animé par une équipe municipale passionnée et attentive aux critiques animée par Mehmet Atalay, alors directeur des services sportifs municipaux, et Reştan Özak, toujours directeur du marathon. Les coureurs Français apporteront un concours non négligeable par leurs remarques et propositions dans l’affinage de l’organisation et la finalisation de l’itinéraire, aujourd’hui exceptionnel, et parcouru depuis plus de vingt ans par des milliers de marathoniens Français… plus d’infos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Marathon_d'Istanbul

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