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Le « Trump Philipin » investit président de la République

Ancien maire de la ville de Davao, le sulfureux Rodrigo Duterte accède à la présidence depuis le jeudi 30 juin.

duterte

En remportant les élections du 9 mai dernier face à son rival Max Roxas, Duterte a prêté serment en vue du mandat unique de 6 ans qui l’attend a la tête du pays.

Lorsqu’il travaillait à la mairie de la grande île méridionale de Mindanao, ses arguments sécuritaires et ses déclarations au sujet des criminels et trafiquants ont visiblement séduit le peuple philippin.
Les superlatifs ne manquent pas pour décrire le nouveau président. Extravagant, excentrique et parfois abusif, l’ancien avocat de formation entend nettoyer la criminalité dans son pays, sans demi-mesures.

«Je crois au châtiment. Pourquoi ? On doit payer. Quand on tue quelqu’un, quand on viole, on doit mourir.» Les propos du 16ème président des Philippines lors d’un discours ce lundi mettent en lumière le caractère shérif du personnage. Celui-ci est accusé d’utiliser des « escadrons de la mort » pour nettoyer les rues de Davao de la criminalité.

« Ceux qui détruisent les vies de nos enfants seront détruits, ceux qui tuent mon pays seront tués, c’est aussi simple que cela. Pas de demi-mesures, pas d’excuses ». Ses différents mandats à la mairie de la ville ont été marqués par des exécutions sommaires, près de 1000 selon le Davao Death Squad (DDS), 1700 selon ses propres dires.

Cette violence accrue est dénoncée par le sous directeur de Human Right Watch (HRW)  de la zone Asie, Phélim Kine. « Les autorités philippines n’ont toujours pas poursuivi qui que ce soit avec succès en lien avec ces meurtres. Au même moment, les exécutions continuent et des opérations d’escadrons de la mort similaires ont émergé dans d’autres villes. »

Triomphalement élu (16 millions de voix, contre 9 millions pour son adversaire Roxas), Rodrigo Duterte est souvent comparé à Donald Trump pour l’extravagance de sa campagne.
En effet, le « Donald Trump » de l’archipel préconise la pendaison en public, il encourage aussi les habitants témoin d’activités illégales de tuer les fauteurs de troubles, il tient des propos outrancier sur sa sexualité ou encore insulte le pape François de « fils de pute » lors de la visite de celui-ci en 2015.

« Digong », de son surnom, a été élu par les classes dirigeantes du pays, désireuse de mettre fin à la corruption, la criminalité et l’immobilisme des anciens hommes politique du pays.

Reste à savoir quelle position Duterte va adopter au niveau diplomatique. Proche du parti communiste, il espère aussi dialoguer avec les islamistes d’Abou Sayyaf qui opère dans les îles du sud du pays. Ses relations plus que tendus avec l’ONU et la Chine devront être réglées au plus tôt pour tracer la ligne directrice du pays.

Tom Crance

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