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L’immigration, bouc émissaire d’une Europe en crise

La misère et la violence dans certaines régions comme en Afrique et au Moyen-Orient poussent les gens à fuir, leur désespoir est tel qu’ils acceptent tous les risques même la perte de leur vie. L’Europe est ainsi confrontée à un problème d’immigration, notamment clandestine, souvent considéré comme un fléau.

L’Europe est plongée depuis 2008 dans une crise économique qui n’en finit pas et le nombre de personnes sans emploi ne cesse d’augmenter. La crise à l’origine des millions de chômeurs ainsi que des nombreuses politiques d’austérité adoptées un peu partout en Europe a contribué à un revirement de l’opinion sur la question de l’immigration. Les immigrés sont alors accusés de prendre les emplois des nationaux, de profiter injustement des aides sociales et enfin de modifier la physionomie des villes européennes. Cette situation profite largement aux mouvements populistes et à l’extrême droite qui l’exploitent à fond et obtiennent à chaque scrutin des scores de vote de plus en plus élevés, au point que plus personne ne doute désormais de la présence du Front national au second tour des élections présidentielles de 2017 en France.

Les dirigeants européens déplorent les causes de l’immigration mais la grande majorité d’entre eux ne veut accueillir des immigrés de crainte de déplaire à leurs électeurs attirés par les discours des partis xénophobes. Et cette situation va à l’encontre de l’adoption d’une politique européenne adaptée et efficace dans ce domaine.

Faut-il rappeler qu’il y a un siècle, l’Europe a vécu une émigration massive bien plus importante que le mouvement d’immigration qu’elle connaît à l’heure actuelle ? En effet, de 1824 au 1924, 52 millions d’Européens ont émigré vers les États-Unis, soit environ 500 000 par an. Aujourd’hui nous sommes très loin de ce chiffre. Les Irlandais fuyaient la famine au XIXe tout comme les Allemands quittaient leur pays à cause de la pauvreté et le chômage dès le XIXe ainsi qu’au début du XXe siècle. Le Lampedusa de l’époque était Ellis Island.

Au regard de la conjoncture internationale (l’état des conflits actuels), la vague de l’immigration vers l’Europe n’est pas prête de s’arrêter et sera le nouveau défi de l’UE pour les années à venir.

Pour faire face à l’inquiétude des Européens au sujet de ce phénomène, les dirigeants doivent sortir des mensonges et des idées reçues répandues par les mouvements populistes et oser dire la réalité. D’abord, compte tenu du vieillissement de l’Europe, l’immigration est nécessaire pour le développement de son économie, fermer les portes n’est pas une solution au chômage. Ensuite, l’immigration crée plus qu’elle ne ponctionne sur les économies européennes et, de nos jours, elle est plus d’origine européenne qu’africaine. Enfin, l’immigration ne doit pas être le bouc émissaire d’une Europe en crise économique et existentielle.

Mireille Sadège

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