Politique

Loi Travail: les syndicats n’auront pas le droit de manifester jeudi à Paris

Le préfet de police de Paris a annoncé hier l’interdiction de la manifestation contre la Loi Travail prévue ce jeudi 22 juin.

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Après plusieurs retournements de situation, la proposition d’un parcours différent par les opposants à Loi Travail et la volonté d’une manifestation statique par la préfecture de police de Paris, celle-ci a finalement annoncé, hier, l’annulation définitive de cette manifestation.

Un parcours « plus sécurisé » pourtant évoqué

Dans son projet initial, la manifestation devait débuter place Bastille et se terminer place de la Nation. Ce trajet « court » avait été défini par les syndicats eux-mêmes, en connaissance des conditions de sécurité particulières. Hier, un compromis « plus sécurisé »,  évoquant un trajet allant de la place Bastille ou de la place Denfert-Rochereau jusqu’à la place d’Italie avait été envisagé,  une « solution acceptable » pour la CGT qui déclarait au Parisien « Cela ne change rien sur le fond, l’enjeu pour nous était de pouvoir organiser un défilé. Si ces trajets sont mieux adaptés pour la sécurité, nous l’entendons. Nous avons compris l’enjeu. » Cette solution aurait pu mettre fin au bras de fer entre les syndicats et les autorités parisiennes. Cependant, c’est une toute autre décision qui a finalement été prise.

L’interdiction totale de la manifestation

La manifestation « statique » voulue par les autorités pour des raisons de sécurité ayant été fortement rejetée du côté des syndicats, c’est finalement l’interdiction totale de la manifestation qui a été décidée. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, avait souligné lundi dernier le « niveau de menace extrêmement élevé, avec un niveau de sollicitation extrêmement fort depuis plusieurs semaines des forces de l’ordre », évoquant aussi les débordement et les affrontements entre police et supporters au cours de l’Euro de Football 2016, justifiant ainsi sa volonté d’interdire le défilé. Après plus de 24 heures de négociations entre autorités et syndicats, la préfecture de police de Paris a finalement fait savoir aujourd’hui dans un communiqué sa volonté d’interdiction totale de la manifestation: «Dans ces conditions, le préfet de police considère qu’il n’y a pas d’autre choix que d’interdire la tenue de la manifestation.»

Une interdiction inacceptable pour les syndicats

« Nous irons manifester et nous verrons comment les forces de l’ordre réagiront » a déclaré sur RMC ce matin Karl Ghazi, membre de la CGT-Commece. Comme lui, les autres syndicats et opposants à cette loi sont déterminés à braver l’interdiction: entre autres, le secrétaire général de la Force Ouvrière a lui aussi annoncé qu’il manifesterait et s’est dit prêt à assumer sanctions financières et pénales. Le Parti communiste français a également affirmé que ses membres iraient tout de même manifester et a appelé les organisations syndicales à les suivre. L’intersyndicale tiendra une conférence de presse à ce sujet aujourd’hui à 12h30 au siège de la CGT.

Indignation chez les politiques

En effet, la dernière interdiction d’une manifestation organisée par les syndicats remonte à la guerre d’Algérie, pendant laquelle le pouvoir avait interdit des manifestations organisées par la CGT. Ainsi, aujourd’hui, l’interdiction indigne la classe politique. Certains l’ont exprimé sur les réseaux sociaux, qualifiant cette décision d’« atteinte grave à la démocratie » pour Marine Le Pen, de « faute historique » pour le député socialiste Christian Paul ou encore de décision « autoritaire et irresponsable » pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. 

L’arrêté d’interdiction doit être pris aujourd’hui dans la journée par la préfecture de police de Paris. Comme pour les précédentes mobilisations, les syndicats et opposants à la Loi Travail sont quand même attendus dans les grandes villes françaises, dont Bordeaux, où défilera le secrétaire général de la CGT.

C.T

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