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L’ONU et la crise migratoire : une réponse contraignante, mais insuffisante

Les États membres des Nations Unies se sont réunis comme chaque année à New York pour leur sommet annuel, le 71e à ce jour. Un sommet consacré à la question migratoire, abordée ici pour la toute première fois en présence de tous les membres de l’ONU. Une question critique au sujet de laquelle le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) n’a eu de cesse d’apporter l’attention ces dernières années. Selon les statistiques du HCR divulguées en juin dernier, près de 65,3 millions de personnes dans le monde étaient déracinées en 2015.onuLa communauté internationale face à une crise inédite

21,3 millions d’individus vivent aujourd’hui hors de leur pays d’origine sur 65,3 millions de déplacés à travers le monde – soit presque l’intégralité de la population française. Un peuple de déracinés dont le nombre a gonflé avec le conflit syrien. Selon le HCR, 5 millions d’entre eux étaient syriens en 2015. Un constat accablant face auquel Antonio Gutteres, Haut Commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, appelait déjà à une action globale et coordonnée l’an dernier. C’est chose faite aujourd’hui avec le choix fait par l’ONU de consacrer l’ouverture de son sommet au sujet, mais la réponse des États membres est-elle à la hauteur de l’ampleur de la crise ?

Sous l’impulsion américaine, 50 pays membres des Nations Unies se sont engagés à accueillir sur leur territoire 360.000 réfugiés sur l’année à venir, annonce jusqu’alors inédite lors d’un sommet de l’ONU. Ou bien simplement effet d’annonce ?

Selon l’organisation Refugees International [RI], l’engagement annoncé à l’occasion de ce sommet serait encore en démesure avec la gravité de la situation. Selon l’ONG, ce dernier ne constituerait qu’en la “réaffirmation des droits et des principes fondamentaux des déplacés, sans pour autant apporter quoi que ce soit de nouveau« .

Aucune sanction prévue pour les États ne respectant pas le droit des réfugiés

Le document établi le 19 septembre par l’ONU, qui devrait être accepté en session plénière dans les jours à venir, rappelle les droits devant être respectés par les États face aux réfugiés : le respect et le droit de l’asile, ainsi que l’adhésion au principe de « non-refoulement » à la frontière des déplacés. Dernier point – et pas des moindres, le rappelle RI : « les États membres ne font que s’engager à travailler à l’adoption d’un accord global » sur la question d’ici 2018.

En d’autres termes, l’accord ne ferait que réaffirmer des principes déjà établis, sans même penser à la mise en place d’un système de sanctions internationales contre les pays refusant de les appliquer. Le jour même du sommet, la frontière turque était encore officiellement fermée à l’afflux de réfugiés en provenance de Syrie. Tandis que le Kenya menaçait toujours le camp de Dadaad (plus grand camp de réfugiés au monde) d’une fermeture imminente.

En somme, on retrouve ici les mêmes critiques formulées à l’égard du dernier grand sommet international lié à l’une des crises majeures de notre époque, la crise écologique. En effet, lors de la COP21 en décembre 2015, la communauté internationale préférait encore croire à l’engagement moral des nations, plutôt que de menacer ces dernières de sanctions claires et précises en cas de non-respect des règles internationales.

 

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