Chroniques

« Mais où va le monde ? »

Par Dr. Mireille Sadège.

Ces derniers temps, j’entends de plus en plus l’interrogation suivante : « Mais où va le monde ? » Nous faisons le constat de notre impuissance : nous sommes dépassés devant l’ampleur et la gravité de ce qui nous arrive. Un chaos qui ne se limite plus à une zone géographique donnée mais se propage partout. L’impression d’être envahi, le sentiment que tout nous échappe et que nous n’avons plus aucune emprise sur les choses.

Après les récents attentats meurtriers en Turquie, en France, au Liban, en Tunisie… la peur et l’incertitude sont désormais omniprésentes dans nos sociétés et menacent nos valeurs et nos modes de vie.

Prendre les transports en commun, s’asseoir à la terrasse d’un café, aller à un concert ou encore manifester nous exposent aux risques des attentas. Peu à peu, un triste sentiment s’installe : celui que la menace terroriste est installée dans nos vies, qu’elle peut frapper à tout moment et qu’elle n’épargnera personne.

Ces attentats, plus meurtriers les uns que les autres, installent par ailleurs un climat de peur propice au développement de la haine. Pour l’universitaire, historien et psychanalyste Elisabeth Roudinesco, «  le basculement de la peur vers la haine est palpable. La haine de l’étranger, la détestation des réfugiés… »

Comment empêcher ce basculement ? Pour Elisabeth Roudinesco, «  il faut être très clair vis-à-vis de l’islam radical. Oui, il faut lutter contre lui au nom des valeurs de la laïcité et de façon déterminée. […] Intégrer les musulmans dans la laïcité. Ce qui se fait massivement. Les familles musulmanes s’intègrent bien plus que ce qu’on dit. Les principes de la laïcité doivent être appliqués de façon stricte, c’est la meilleure façon de tolérer toutes les religions, qui relèvent du domaine privé. » Elle ajoute : « Combattre les islamistes radicaux, c’est la meilleure façon de combattre aussi l’extrême droite, qui est communautariste et raciste. »

Après les attentats de Paris, la coalition contre l’Etat Islamique réunit les Américains, les Européens et la Russie. Sauront-ils combattre efficacement l’organisation terroriste ? Quelles seront les conséquences pour la région, considérée comme un bourbier ?  Depuis déjà plusieurs années, on nous parle d’une redéfinition des frontières dans cette région.  Y sommes-nous ? Pour l’historien et professeur turc Ilber Ortayli, « plus que la théorie de complots américains, c’est la conjoncture qui déterminera cette redéfinition des frontières ». Et d’ajouter : « Un probable conflit entre la Turquie et la Russie pourrait y conduire. »

 

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