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Manuel Valls : parcours d’un enfant bercé par la politique à l’ambition illimitée

imagevalls« L’homme est un animal politique », ces paroles du philosophe grec Aristote incarnent parfaitement le personnage de Manuel Valls. Né le 13 août 1962 à Barcelone, fils d’un père catalan et d’une mère suisse-italienne, Manuel Valls s’intéresse dès son plus jeune âge au monde politique. En effet, ce dernier va en 1980, alors âgé de 17 ans, adhérer au Mouvement des jeunes socialistes pour soutenir Michel Rocard. Durant ses études d’histoire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dont il obtiendra une licence avec mention très bien, il intègre le syndicat étudiant UNEF-ID et devient alors conseiller de Michel Rocard pour les affaires étudiantes. Par la suite, entre 1983 et 1986 il devient attaché parlementaire de Robert Chapuis, député de l’Ardèche. A 24 ans, symbole de précocité, il est élu au conseil régional d’Île de France dont il devient premier vice-président en 1998. Il fut également entre 1997 et 2002 chargé de la communication et de la presse au cabinet de Lionel Jospin, premier ministre de Jacques Chirac. Durant cette période de la cohabitation, Manuel Valls est donc au cœur de la politique française; il côtoie le Premier ministre et le Président de la République. Cette place proche du pouvoir a donné ce goût de la conquête du pouvoir à Manuel Valls dont l’ambition semblait dès ses débuts démesurée.

Mars 2001 marque sans aucun doute la première étape importante dans la carrière politique de Manuel Valls au niveau national. En effet, il devient à cette date maire d’Evry ainsi que député de la première circonscription de l’Essonne quelques mois plus tard. Ce parcours jusque-là sans faute connaîtra son premier coup d’arrêt en octobre 2011, lors du résultat de la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012. En effet, Manuel Valls réalise un score de 6% et est éliminé au premier tour de la primaire, ralliant dans le même temps François Hollande qui en fera son directeur de communication lors de la campagne présidentielle. Comme un remerciement, une fois élu, François Hollande le nomme en mai 2012 ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Enfin, comme tout un symbole, à la suite de l’échec du Parti Socialiste aux élections municipales, le président de la République le nomme au poste de Premier ministre le 31 mars 2014.

Son positionnement politique se situe à « l’aile droite » du Parti Socialiste ce qui lui vaut régulièrement un certain nombre de critiques au sein même de son parti. Loin d’être un homme consensuel, Manuel Valls est une personnalité politique qui a de l’autorité et qui n’hésite pas à monter au créneau lorsque la situation l’exige. Pour preuve, son parcours politique est marqué par de nombreux moments de tensions non seulement au sein du Parti Socialiste mais face à l’ensemble de l’opinion publique. En 2005, contrairement à la majorité des socialistes, Manuel Valls soutient le « non » au référendum de la Constitution européenne. De même, en janvier 2011 il déclare vouloir « déverrouiller les 35 heures » ce qui va provoquer la colère d’un grand nombre d’élus au sein du Parti Socialiste. On peut également évoquer sa sortie médiatique en janvier 2013 : « les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou en Bulgarie ou à y retourner ». Cette déclaration provoquera une vague de critique (en provenance des écologistes et du front de gauche) à son encontre. Manuel Valls est alors considéré de plus en plus comme un homme politique dont les postures s’approchent de la droite. Enfin, il a du faire face à la récente affaire « Dieudonné » qui a considérablement bouleversé l’opinion publique et le monde politique, avec pour conséquence une baisse de quelques points de sa cote de popularité.

Manuel Valls est un homme politique au parcours quasi sans encombre. En effet, il a connu tout au long de sa carrière une progression constante l’emmenant aujourd’hui au poste de Premier ministre. Sans pour autant être un homme de consensus, il est un politicien qui n’hésite pas à défendre ses idéaux quitte à s’attirer les critiques de son propre parti. La question que l’on peut légitimement se poser dorénavant est : à quand la conquête de la présidence de la République ?

Quentin GRISLAIN

 

 

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