Art, Culture

Nâzım Hikmet en noir et blanc

Des photographies en noir et blanc de Nâzım Hikmet – l’une des plus importantes figures de la littérature turque du XXe siècle – sont exposées jusqu’au 25 avril au Centre Culturel de Kadıköy (CKM). Grand novateur de la poésie turque contemporaine, son œuvre dépeint les maux de la société turque, le combat d’hommes et femmes épris de justice sociale et de liberté. Avec cette exposition, on le découvre travaillant à son bureau, en compagnie d’amis ou de sa femme, à Moscou où il a vécu, en voyage… L’occasion de connaître un peu mieux ce grand poète turc.

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Le poète en voiture

Nâzım Hikmet est né le 21 novembre 1902 à Salonique et mort le 3 juin 1963 à Moscou. Il étudie la sociologie à l’Université de Moscou et devient membre du parti communiste turc dans les années 1920. Son engagement politique lui coûte cher, il s’exile à plusieurs reprises en Russie et passe de nombreuses années en détention dont douze ans à la prison de Bursa. Le poète décrit cependant ces années comme étant les plus belles de sa vie: il crée un atelier de tissage et enseigne l’économie et la politique aux détenus. C’est au cours de ces années d’enfermement qu’il rédige une grande partie de son œuvre.

Dimanche

Aujourd’hui c’est dimanche.
Pour la première fois aujourd’hui
ils m’ont laissé sortir au soleil,
et moi,
pour la première fois de ma vie,
m’étonnant qu’il soit si loin de moi
qu’il soit si bleu
qu’il soit si vaste
j’ai regardé le ciel sans bouger.
Puis je me suis assis à même la terre, avec respect,
je me suis adossé au mur blanc.
En cet instant, pas question de gamberger.
En cet instant, ni combat, ni liberté, ni femme.
La terre, le soleil et moi.
Je suis heureux.

(1938)

Nazim hikmet et sa femme a paris

Nâzım Hikmet et sa femme à Paris

En détention, sa santé se dégrade. Il entreprend une grève de la faim et grâce au soutien d’intellectuels, à l’étranger et particulièrement en France, il obtient l’amnistie et est libéré en 1950. Peu de temps après, alors qu’il est âgé de 49 ans, il est convoqué pour effectuer son service militaire et est contraint de reprendre le chemin de l’exil. Il ne reviendra plus en Turquie. Il parcourt alors le monde, défendant la cause de la paix en Europe, en Asie, en Afrique, mais aussi à La Havane. En 1955, il reçoit le prix international de la paix.

Lors d'une conférence de paix

Lors d’une conférence de paix

Il meurt en 1963, laissant un poème testament : « Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village. Et si possible, un platane au-dessus de moi suffit ». Malgré cette requête, il est enterré au prestigieux cimetière de Novodevitchi à Moscou.

Déchu de la nationalité turque, celle-ci lui sera rendue de manière posthume le 5 janvier 2009.

 

Exposition à voir jusqu’au 25 avril
Caddebostan Kültür Merkezi (CKM)
Haldun Taner Sok. No: 11
Caddebostan-Kadıköy
0216 386 2681

Claire Corrion

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