International, Politique

Où en est l’Union Européenne ?

Lundi 6 mars 2017, le Président de la République française, François Hollande, organisait à Versailles un mini-sommet européen ressortant l’idée de la constitution d’une Europe à plusieurs vitesses.Ce concept est déjà présent dans la pratique avec, par exemple, une zone euro à 19 États sur 28 et un espace Schengen comportant 22 pays de l’UE sur 26, etc. Après la réélection triomphale du président du Conseil européen, le polonais Donald Tusk, avec 27 voix contre une (celle de la Pologne) le jeudi 9 mars 2017, c’est à présent au sommet européen de Bruxelles d’examiner, toujours dans les conséquences du Brexit, cette idée d’Europe à plusieurs vitesses et la chancelière allemande Angela Merkel de prôner une « Union dans la diversité » afin de promouvoir cette idée de relance européenne par l’instauration de ce concept à plusieurs vitesses ou « rythmes » qui est loin de faire encore l’unanimité, mais qui devrait aboutir le 25 mars, pour la célébration des 60 ans du Traité de Rome, à un texte solennel.

Pour le moment seuls la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne ou encore le Luxembourg soutiennent cette idée. On rappellera en outre qu’après l’échec du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel cela avait été l’une des pistes lancées pour une éventuelle relance du processus de construction.

Toujours est-il que les menaces des conséquences d’un hard Brexit associées au risque d’une victoire de l’extrême droite anti-européenne de Geerd Wilders et de son « Parti pour la liberté » (le PVV) demeurent même si les résultats des législatives néerlandaises du 15 mars dernier ont infirmé ce scénario. Toutefois, la crainte de voir se lever une vague populiste à travers toute l’Europe occidentale est bien présente d’autant plus que celle-ci touche déjà l’Europe orientale avec la Hongrie et la Pologne notamment.

À tout cela s’ajoute, toujours dans le cadre de ce sommet de Bruxelles, l’hostilité envers ces propositions de la part des pays d’Europe de l’Est intégrés à l’organisation régionale par les vagues de 2005 et de 2007 et qui craignent de se retrouver dans la seconde partie de cette Europe à deux vitesses. Enfin, il est apparu que des inquiétudes refaisaient surface au sujet des Balkans occidentaux pour lesquelles on devait réaffirmer le souhait de lutter contre une influence russe grandissante et encourager ainsi le processus d’adhésion à l’UE ou du moins le relancer.

Finalement, comme nous l’évoquions plus haut, les résultats des élections législatives aux Pays-Bas semblent marquer un temps d’arrêt à la crainte de cette vague populiste puisque le Premier ministre sortant, le libéral Mark Rutte, restera manifestement aux affaires, et ce même si l’extrême droite hollandaise marque incontestablement une très forte poussée, ce qui est bien sûr un signal d’alerte à prendre en compte.

Le contexte de crise reste donc intense au sein de l’Union européenne et il faudra sans doute attendre la fin du cycle électoral en cours avec les élections présidentielles françaises de mai et de juin, suivies de celles de l’Allemagne en septembre 2017, pour que sans doute s’amorce une nouvelle dynamique.

Une fois encore nous ne pouvons qu’espérer que celle-ci aille enfin dans le sens d’une relance d’une gouvernance européenne dans le cadre d’une cohérence retrouvée avec les aspirations de tout à chacun.

Dr Olivier Buirette, Paris le 17 mars 2017.

 

 

 

 

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