Politique, Société

Parfum de corruption à la mairie de Beşiktaş

Révélant la corruption qui sévirait à la municipalité de Beşiktaş (rive européenne) sous le mandat du maire Murat Hazinedar (CHP), une série d’articles et reportages du site d’information odatv.com a poussé la direction du Parti républicain du peuple à ouvrir une enquête.

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Le maire CHP de Beşiktaş, Murat Hazinedar, serait impliqué dans une série d’affaires de corruption, de clientélisme et de népotisme. D’après une série d’article du site d’informations odatv.com, le maire aurait acheté une nouvelle maison ainsi qu’un domaine la jouxtant pour une somme totale de 5,5 millions de dollars.

Ayant récemment pris la décision de faire construire sur ses nouveaux terrains situés à Balmuncu, il a pour ce faire eu recours à Yüksel Ersoy, le co-propriétaire de la société Enis Insaat. Le terrain en question aurait d’ailleurs été acheté à Ersoy lui-même. Là où le bat blesse, c’est que c’était déjà la société Enis Insaat qui était en charge de la construction du bâtiment de 13 étages de la TÜRSAB (l’Union des agences de voyage de Turquie). Une construction qui fut rendue exceptionnellement possible par… la municipalité de Beşiktaş, qui n’autorise habituellement que des bâtiments de quatre étages dans la zone.

Une irrégularité qui a conduit la direction du Parti républicain du peuple à traiter la question via l’ouverture d’une enquête. Si le comité de quatre personnes dépêché pour l’occasion venait à être convaincu de la véracité des faits, le CHP cessera toutes relations avec Murat Hazinedar et déposera une plainte officielle auprès du bureau du procureur général. Dans le cas où les accusations s’avèreraient fausses, la vérité sera révélée publiquement.

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Le maire de Beşiktaş Murat Hazinedar (droite) est la cible de nombreuses accusations.

D’après des documents complémentaires d’ODA TV, le maire de Beşiktaş Murat Hazinedar n’aurait payé que 21 308,94 TL (environ 7 500 dollars) de taxes en 2013, l’année précédant son mandat à la municipalité. Une année seulement après être devenu maire, il pouvait déjà s’offrir une villa et un terrain pour une valeur cumulée de 5,5 millions de dollars. Sans oublier la Range Rover 3.0 TDV6, estimée à 750 000 TL (environ 270 000 dollars), achetée pour sa femme Özlem. « Quand j’ai commencé ma mission au sein de la municipalité de Beşiktaş, j’étais un avocat et un homme d’affaires avec une fortune de 52 millions de TL. », a déclaré l’intéressé, réfutant ces accusations.

Hazinedar a également été accusé de népotisme pour avoir fait accéder sa sœur, ses cousins, et des membres de sa famille directe ainsi que de celle de sa femme à des postes au sein du conseil municipal. Des accusations que le maire de Beşiktaş a une fois de plus nié en bloc, déclarant que seule sa sœur et ses cousins travaillaient avec lui à la municipalité.

Une autre accusation porte sur son ancien chauffeur, Ali Bağdatlı, dont l’entrée au sein du conseil municipal aurait été effectuée en violation des règles en vigueur. Il a été souligné que Bağdatlı, qui a arrêté ses études après le lycée, serait désormais le copropriétaire du très huppé restaurant-club Sortie de Kuruçeşme qui vaudrait 10 millions de dollars. M. Hazinedar insiste lui sur le fait que son ancien chauffeur n’est pas le co-propriétaire de la firme Sortie dans son ensemble mais juste d’un magasin qui s’y trouve. Pour Oda TV, Ali Bağdatlı, en prêtant son nom, servirait en réalité de couverture à l’ex maire de Şişli et proche de Murat Hazinedar, Mustafa Sarıgül, qui, se trouvant sur la liste noire du TMSF (le Fond de garantie de l’épargne et des dépôts), ne pourrait mener une telle opération à son compte.

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Mustafa Sarıgül (gauche), et Murat Hazinedar (droite).

Oda TV a également révélé que le maire avait déjà par le passé été poursuivi par son employeur de l’époque Poyraz Tarımsal Inc. suite à des accusations de « mauvais exercice de la profession, détournement de fonds et fraude ». Alors avocat, M. Hazinedar avait en effet été tenu responsable d’un accord de paiement passé avec un débiteur en l’absence du consentement voire de la connaissance du cabinet. Il aurait supposément réduit le montant de la dette tout en exemptant ledit débiteur d’intérêts, coûts d’exécution, et frais de gestion.

Candidat CHP à la municipalité de Beşiktaş lors des élections locales de mars 2014, M. Hazinedar avait été élu avec un impressionnant score de 77% des voix. Sa première rencontre avec la politique était au sein du Parti de la mère patrie (Anavatan Partisi) alors dirigé par Turgut Özal, le 8ème président turc. Son nom est souvent mentionné en compagnie de celui de Mustafa Sarıgül, le maire de Şişli entre 1999 et 2014 dont M. Hazinedar a été l’avocat. Il a été suggéré que l’actuel maire de Beşiktaş ne s’était porté candidat que sur la demande de M. Sarıgül. Enfin, Murat Hazinedar a déjà été critiqué au sein même de la famille CHP en raison de propos élogieux qu’il aurait tenu à l’égard de l’organisation de Fethullah Gülen à l’occasion d’une rupture du jeune organisée par le Fond des journalistes et auteurs (Gazeteciler ve Yazarlar Vakfı).

Rüya Ince

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