Culture

Prix Seligmann contre le racisme : la Turquie à l’honneur

Comme chaque année depuis 2003, la Chancellerie des universités de Paris vient de décerner le prix Seligmann contre le racisme. Celui de 2014 est donc attribué à l’auteure Sema Kiliçkaya pour son roman Le royaume sans racines publié en 2013 aux éditions In octavo.

Prix_Seligmann

Les délibérations, qui se sont tenues le 14 octobre dernier à la Sorbonne, étaient dirigées par le président Monsieur François Weil, recteur de l’académie et chancelier des universités de Paris ainsi qu’en présence de Madame Yvette Roudy et Monsieur Pierre Joxe, tous deux anciens ministres. Comme chaque année, le prix récompense une création écrite individuelle ou collective consacrée à la lutte contre le racisme, l’injustice et l’intolérance. C’est ainsi que les participants peuvent à la fois proposer un roman, un mémoire, un scénario de film, une pièce de théâtre ou toutes autres créations écrites du moment que cette dernière s’attaque aux sources intrinsèques du racisme comme les discriminations raciales, sexuelles ou politiques mais aussi le fondamentalisme religieux.

sema

Sema Kiliçkaya, lauréate du Prix Seligmann 2014

Le roman de Sema Kiliçkaya, Le royaume sans racines est sorti du lot grâce à sa finesse poétique et sa volonté de narrer avec émotion la vie quotidienne des immigrés découvrant la culture française sans pour autant renoncer à la leur. Ce roman contient une corde autobiographique puisque l’auteure va s’interroger sur les rapports entre la langue et l’identité au travers de sa propre expérience en tant qu’enfant puis adolescente immigrée en France et donc confrontée à ces questionnements. C’est un roman confrontant les idées d’un paradis perdu face à un eldorado fictif et de cela se dégage une incroyable chaleur humaine et une forte leçon de vie.

Pour revenir rapidement sur le parcours de Sema Kiliçkaya, celle-ci est une écrivaine française d’origine turque puisque née dans le sud du pays, tout près de la Syrie, dans un environnement tant arabophone que turcophone. Après des études d’anglais elle devient traductrice et enseignante. Son premier roman Le chant des tourterelles parait en 2009.

La Turquie était donc à l’honneur au travers d’une lutte qui nous concerne tous et qui n’a jamais cessé d’être d’actualité : la tolérance envers tous et la lutte contre le racisme et ses fondements.

Amélie Herbreteau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *