Economie

Quand la société Google devient l’empire Alphabet

Le géant américain Google, un des tauliers du « Big Four » de la Silicon Valley (Apple, Amazon, Facebook), a annoncé lundi, par le biais de son site internet, la mise en œuvre d’une refonte intégrale de la structure historique du groupe. L’entreprise, créée en 1998, laisse désormais la place au conglomérat baptisé « Alphabet », dont le moteur de recherche « Google » ne sera désormais plus qu’une filière parmi d’autres.

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66 milliards de dollars de recettes en 2014, 393 milliards en capitalisation boursière, 50 000 employés à travers le globe, autant de chiffres qui feraient rêver n’importe quelle entreprise en ces temps de crise économique. Mais Google n’est pas une entreprise comme les autres, et le prouve encore une fois par son désir de restructurer en profondeur les activités du groupe.

« Notre entreprise fonctionne bien aujourd’hui, on ne peut que s’en féliciter. Mais nous pensons que nous pouvons la rendre plus claire et plus responsable. Nous créons donc une nouvelle société appelée Alphabet », a annoncé sur le site internet de l’entreprise le cofondateur et directeur général de Google, Larry Page.

La holding Alphabet deviendra ainsi le nouveau centre névralgique du groupe, et aura pour tâche principale de superviser les différentes branches d’activités auxquelles Google entend donner une importance nouvelle (la société Calico pour la santé, ou encore Google Ventures pour les véhicules d’investissement).

Pour autant, l’entreprise n’imagine pas un seul instant reléguer au second plan le moteur de recherche, clé de voute de son succès. Alphabet chapeautera « une collection de société, mais la plus grande reste bien sûr Google », a rassuré le directeur général.

Alphabet : « une vue à long terme »

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Sergey Brin (gauche) et Larry Page (droite), les deux co-fondateurs de Google.

Si le nouveau nom de la holding peut surprendre par son originalité, il n’en reste pas moins qu’Alphabet nourrit de nombreux espoirs chez ses créateurs. « Nous avons choisi ce nom car l’alphabet représente le langage, une des innovations les plus importantes de l’humanité. » Difficile de ne pas faire le lien ici avec le slogan rabâché par l’entreprise depuis sa création il y a maintenant 17 ans : « Organiser l’information à l’échelle mondiale et la rendre universellement accessible et utile. »

C’est d’ailleurs ce besoin d’étendre toujours plus son influence qui impose à Google cet impératif d’innover en permanence, bien loin des standards d’une entreprise classique : « Comme nous l’avons expliqué à nos investisseurs, Google n’est pas une entreprise classique. Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention d’en devenir une. Sur le long terme, la plupart des entreprises finissent par se reposer sur leurs lauriers. Google fonctionne bien aujourd’hui mais nous pensons pouvoir faire encore mieux », a ainsi souhaité préciser le cofondateur du groupe.

L’ambition, maître-mot du géant américain, s’affiche à vrai dire partout. Avec Alphabet, non seulement l’entreprise se dotera d’un organe de coordination entre ses différentes branches, mais aura surtout la possibilité de développer « une vue à long terme » en permettant le désengorgement de Google.

De son côté, le moteur de recherche ne sera pas à la peine : la création d’Alphabet permet au contraire au fleuron de la société de se recentrer sur ce qui a fait son succès, c’est-à-dire principalement la recherche en ligne, la cartographie, mais aussi le site de vidéo Youtube racheté en octobre 2006, ainsi que le système d’exploitation pour smartphone Android.

Google opte pour la diversification

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Sundar Pichai, nouveau directeur général de Google.

En choisissant de restructurer le groupe, les dirigeants de Google font un pari : celui de la diversification à travers l’expansion de sociétés novatrices laissées jusqu’alors pour la plupart à l’état de projet.

Parmi celles-ci, on peut évoquer la société Calico spécialisée dans les recherches sur le vieillissement, Life Science dont les travaux ont porté jusqu’à présent sur la création d’une lentille de contact révolutionnaire permettant de dépister le diabète, sans oublier les alarmes connectées de Nest, le réseau par fibre optique de Fiber, et surtout les multiples prototypes de la fameuse société X-Lab (voiture sans chauffeur, drone de livraison, relais internet via une montgolfière), grande fierté des fondateurs de Google.

Autant de projet qui ont suscité l’enthousiasme des investisseurs qui, à la clôture de la bourse new-yorkaise hier soir, ont fait grimper le titre Google de près de 6%, celui-ci subissait toutefois une légère baisse ce matin, pour s’établir à 633,7 dollars.

Reste désormais une question : la répartition des postes au sein de la nouvelle organisation. Les deux fondateurs historiques du groupe, Larry Page et Sergey Brin prendront la tête d’Alphabet, se partageant respectivement les postes de « directeur général » et de « président ». L’autre homme fort de la société, Eric Schmidt, l’actuel président du conseil d’administration, préservera son poste mais officiera désormais pour le compte d’Alphabet.

Mais la belle promotion du jour est à attribuer à Sundar Pichai qui devient directeur général de Google. Cette informaticien indien âgé de 43 ans s’est fait remarquer ces dernières années en mettant au point plusieurs produits phares de l’entreprise à l’image du navigateur Chrome ou du système d’exploitation pour smartphone Android.

Matéo Garcia

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