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Radio France : le PDG Mathieu Gallet dans la tourmente, des salariés sur la sellette ?

Les salariés du groupe Radio France ont entamé ce matin leur septième jour de grève, dénonçant cette fois-ci les plans de départs volontaires évoqués par l’entreprise lors de son comité d’entreprise, qui prévoit près de 50 millions d’euros d’économie d’ici 2019.

Matthieu Gallet, PDG de Radio France

Le nouveau PDG de Radio France, Mathieu Gallet, nommé à la tête du groupe il y a un an, devait rencontrer ce matin la ministre de la Culture Fleur Pellerin pour évoquer avec elle « quinze propositions précises et fermes » sur la stratégie à adopter pour le groupe. « Il faut rapidement renouer les fils du dialogue social et rétablir une forme de sérénité », a-t-elle expliqué au sujet de la crise à Radio France.

La veille, l’ambiance au sein du comité d’entreprise s’est vite dégradée quand la direction a évoqué l’hypothèse d’un plan de départs volontaires qui pourrait concerner entre 200 et 300 salariés « séniors ». Une mesure qui selon le groupe, serait destinée à économiser entre 17 et 24 millions d’euros de masse salariale.

Depuis une semaine, Mathieu Gallet, nommé un an plus tôt à la tête de Radio France, est dans la tourmente, pris pour cible par le Canard Enchaîné. Encore ce matin, l’hebdomadaire satirique révélait qu’il avait engagé à 90 000 euros par an, sans appel d’offres, un expert pour gérer son image. Face à ces accusations, le nouveau PDG dément dans un communiqué ces allégations : « Le contrat d’un consultant extérieur auprès de la présidence a été conclu en juin 2014 pour une durée d’une année après avis de la direction des affaires juridiques, en remplacement de deux contrats de conseil de la précédente présidence d’un montant équivalent. Au bout d’un an il sera remis en concurrence. »

Mais pour le Canard, les conditions dans lesquelles ce nouveau contrat a été conclu ne seraient pas conformes à la loi : « depuis une ordonnance de 2005, les textes exigent pour ce type de marché une mise en concurrence dans les entreprises publiques. »

Un scandale qui intervient une semaine après la polémique sur les achats prêtés au patron de Radio France. Le palmipède remettait déjà en question les 70 000 euros qu’il aurait investi dans la restauration de boiserie des locaux, l’artisan affirmant n’avoir facturé ses travaux qu’à la moitié du prix déclaré – soit 35 494 euros – « Comment la dépense bondit-elle alors de 35 494 à 70 000 euros ? » questionnait le journal satirique. Des déclarations qui ont de quoi faire bondir les salariés du groupe alors que la radio se trouve en situation déficitaire, oscillant entre une baisse de dotations de l’État et un budget prévisionnel de 21,3 millions d’euros.

Aurore Cros

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