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Sofia : une capitale pleine de surprises aux influences de tous horizons

À moins de 600 kilomètres à l’ouest d’Istanbul se trouve Sofia, capitale surprenante de la Bulgarie et quatrième ville de la région balkanique. Plutôt méconnue des Français, elle fait pourtant partie de ces villes modernes au patrimoine historique et culturel riche des nombreux mouvements historiques qui l’ont influencée. Une belle surprise pour ses visiteurs.

Cathedrale orthodoxe Alexandar Nevski

Cathédrale orthodoxe Alexandar Nevski

À mesure que l’on flâne dans Sofia, on découvre une ville agréable à vivre, un cadre étonnant car à la fois reposant et dynamique. Les grandes places pavées et ordonnées, les larges avenues à la circulation automobile relativement faible, et les hauts bâtiments bétonnés dégagent tout de suite une atmosphère aux influences soviétiques. À côté de ça, de nombreuses terrasses de cafés fréquentées par des Sofiotes de tous âges, proposant boissons comme gourmandises ; des rues commerçantes animées ; des parcs et jardins qui regorgent de monde dès que le soleil se montre ; autant de détails qui rappellent fortement les villes d’Europe occidentale. Ce brassage des civilisations contribue à façonner une ambiance particulière dans la capitale bulgare. On retrouve également des influences culinaires turques et grecques dans les spécialités bulgares, notamment dans la façon de cuisiner les légumes à l’huile d’olive et la viande façon « kebab », ainsi que dans l’usage important de feta dans les salades et plats salés. Sont servies également des pâtisseries turques comme les « baklavas », ainsi que d’autres à base de pâtes feuilletées fourrées aux épinards ou au fromage, qui valent définitivement le détour.

Les habitants de Sofia, souriants et détendus, sont toujours prêts à venir en aide aux visiteurs égarés avec quelques mots d’anglais. Malgré l’alphabet cyrillique d’usage en Bulgarie, la plupart des indications figurent également en alphabet latin, ce qui est d’une grande aide pour se repérer dans les rues de la capitale. Sofia est somme toute une ville très accueillante et le dédale de ses rues recèle de nombreux trésors.

Une histoire tumultueuse

Commençons par une petite histoire de Sofia… La tribu thrace des Serdes s’est établie dans la bourgade au VIIe siècle avant JC, lui donnant pour premier nom Serdica. Les implantations humaines dans la région remontent cependant au néolithique et y ont laissés leurs traces. Conquise par les Romains, pillée par les Huns à la chute de l’Empire, rebâtie par l’empereur byzantin Justinien Ier, puis occupée par les Bulgares, la ville change de visage au fil du temps et des populations qui s’y établissent. Nommée Triaditsa par les Byzantins, Sredets par les Bulgares, elle devient finalement Sofia en 1373, en l’honneur de la magnifique basilique orthodoxe Sainte-Sophie, la plus vieille de la ville encore à ce jour. En 1382, Sofia est cependant reprise par les Ottomans et décline. « София », en bulgare, est proclamée capitale de la Bulgarie après la libération du pays en 1879, et fait alors l’objet de reconstructions suivant le modèle des métropoles occidentales. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays entre sous l’emprise de l’URSS et devient une démocratie populaire à partir de 1946 : cette influence soviétique se ressent dans l’architecture sofiote et dans l’atmosphère globale de la capitale. La chute de l’URSS entraîne la fin de la domination communiste en Bulgarie, qui s’européanise petit à petit jusqu’à devenir en 2007 membre de l’Union européenne. Sofia devient ainsi la 15e ville la plus peuplée de l’UE,avec 1,4 millions d’habitants, soit 17% de la population du pays.

« Grandit, mais ne vieillit pas »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la devise choisie pour Sofia ne pourrait lui convenir davantage. Ce qui est frappant pour tout visiteur, c’est la façon dont la capitale a su conserver les traces de son passé mouvementé, auxquelles s’ajoutent les innovations les plus modernes. Les monuments, des plus anciens (certains datant même du Moyen Âge) aux plus récents, sont parfaitement entretenus et mis en valeur. Chaque ruelle peut cacher un édifice historique, les vestiges de l’histoire se fondent dans les rues de la capitale bulgare, lui donnant ce charme si particulier. L’exemple le plus saisissant, c’est l’église rotonde Saint-Georges, bâtie au IVe siècle par les Romains, et ses ruines, situées au cœur de la ville, au beau milieu de la cour de la Présidence et du luxueux hôtel Sheraton. Les curiosités se succèdent, des monuments commémoratifs aux édifices religieux en passant par les établissements publics. Sofia dispose d’un patrimoine culturel et historique tout à fait remarquable, part entière du quotidien de ses habitants.

Théâtre national

Le Théâtre national

Les incontournables ? Tout d’abord la célèbre cathédrale Alexandar Nevski, l’une des plus impressionnantes du monde orthodoxe, chef-d’œuvre du style néo-byzantin qui constitue le cœur historique de Sofia. Ses coupoles dorées sont visibles de toute la capitale, et sont particulièrement admirables les jours de soleil. Bien sûr, l’église orthodoxe Sainte-Sophie « Sveta Sofia » qui a donné son nom à la capitale, vaut également le détour. Basilique byzantine à l’origine, transformée en mosquée sous l’occupation ottomane puis abandonnée après la chute de son minaret, elle fût restaurée en église après la libération. Ses briques de couleur rouge sont simples, mais les trésors qu’elle renferme sont d’une beauté inestimable et témoignent de son histoire mouvementée. À deux pas, une originale petite église russe, aux ornements dorés et motifs de couleur verte. Autres édifices religieux impressionnants : l’église rotonde Saint-Georges, la cathédrale Sainte-Nédélia, la mosquée Bania Bachi, la synagogue séfarade et l’église moyenâgeuse de Boyana. Cette dernière, aux abords de la ville dans les hauteurs, fait d’ailleurs partie du patrimoine mondial de l’Unesco. La capitale bulgare ne manque pas de bâtisses imposantes, à l’architecture plus moderne, souvent aux influences soviétiques mais tout aussi magnifiques : l’opéra national, le théâtre national, et les nombreuses statues, comme celle de Sofia, présentes dans les parcs ou ronds-points.

Une capitale proche de la nature

Jardin de Borisova

Jardin de Borisova

Ce qui est très inattendu à Sofia, grande capitale européenne, ce sont les nombreux espaces verts qui s’y trouvent. Où que l’on erre dans la ville, on est sûr de tomber sur un petit coin de verdure. À côté de ça, de nombreux jardins, dont le grand jardin de Borisova très animé le dimanche entre les familles, couples, sportifs et touristes : fêtes foraines et animations pour petits et grands, kiosques de sucreries, pelouses aménagées, chemins de balade dans des espaces boisés. Ces hectares de nature hors de la vie urbaine sont particulièrement appréciables et font de Sofia une capitale qui respire. Cela contribue de façon significative à son atmosphère détendue. Le fleuve Iskar, affluent du Danube, y coule d’ailleurs non loin. La destination est également idéale pour les amateurs de hauteurs, car l’agglomération est surplombée par le massif montagneux du Vitocha qui culmine jusqu’à 2290 mètres. L’accès y est fortement facilité par les transports en commun partant directement du centre-ville, et par les télécabines au pied des montagnes. Sports de glisse en hiver, randonnées en été, la proximité du Vitocha permet aux Sofiotes comme aux touristes de s’évader quelques heures de la capitale bulgare.

Sofia vue du Vitosha

Sofia vue du Vitosha

Sofia fait sans aucun doute partie partie de ces villes européennes où il fait bon vivre, tant par la proximité d’espaces verts, par son patrimoine historique particulièrement riche et bien entretenu, que par son hospitalité.

Julie Delaporte

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