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Sommet de la Ligue arabe : la volonté d’une action ferme et concertée

Ce week-end s’est tenu dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh un sommet rassemblant les chefs d’État de la Ligue arabe. Une table ronde qui a confirmé la volonté de lever une force militaire arabe et de tenir une position dure vis-à-vis du Yémen.

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Jeudi dernier, l’opération « Tempête décisive » a été lancée par une coalition de pays arabes guidés par l’Arabie saoudite. Cette manœuvre consiste en raids pour la plupart aériens visant les Houthis, rebelles yéménites de confession chiite. Cette question qui constitue depuis quatre jours un nouveau déchirement du Moyen-Orient a donc été l’un des points-clés abordés lors du sommet, et ce qui en est ressorti tient plus du constat que du produit d’un débat : l’Arabie saoudite ne compte pas revoir sa position ; il faudra donc pour que les bombardements cessent que les Houthis se retirent et rendent les armes.

Une hypothèse peu susceptible de se confirmer, puisque l’organisation insurrectionnelle, qui s’est emparée de la capitale Sanaa en septembre dernier, est manifestement décidée à combattre jusqu’au bout le gouvernement yéménite, qui appartient lui à la Ligue arabe. Ali al-Emad, un représentant du mouvement chiite, a ainsi déclaré : « le Yémen prouvera au monde que le faible triomphera à la fin ». Les espoirs des Nations Unies de voir le conflit se résoudre pacifiquement devraient donc être déçus.

Ces tensions concernent aussi l’Iran, puisque le gouvernement iranien soutient les Houthis dans leur combat. Pendant le sommet, il a donc été accusé par Abed Rabbo Mansour Hadi, le président yéménite ayant été contraint de quitter son pays, d’avoir armé les forces rebelles et d’avoir impulsé leur offensive, ce que l’Iran et les Houthis démentent formellement. Autres États pointés du doigt, la Turquie et Israël se sont vu reprocher par l’égyptien el-Arabi leurs « interférences » dans les affaires de la Ligue arabe.

Afin de traiter ce qui pourrait bien devenir un conflit entre sunnites et chiites de plus grande échelle, la Ligue a préconisé l’établissement d’une force militaire commune aux États membres. Le président égyptien al-Sissi a rendu compte de leur accord de principe, et a poursuivi en déclarant qu’un panel d’experts serait réuni sous la supervision de secrétaires généraux arabes ; leur but sera de définir la structure et les mécanismes d’action de cette armée. Ces réunions devraient commencer dans un mois, et, dans quatre mois, ces questions devraient être réglées, permettant au projet d’être présenté au Conseil de Défense de la Ligue arabe.

Il s’agit d’une décision qui fait montre de la façon dont est envisagée l’influence chiite par les pays sunnites de la Ligue : une véritable menace qui doit être contrée même en dehors de la crise yéménite.

Victoria Coste

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