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Turquie : coup de filet record contre le trafic d’antiquités

Les forces de police turque ont annoncé jeudi 21 décembre avoir saisi plus de 25 000 objets antiques venant d’un réseau de trafic illégal. L’opération a atteint une ampleur encore jamais égalée dans l’histoire de la Turquie. La valeur de l’ensemble des objets saisis est supérieure à « l’inventaire d’un musée de taille moyenne », a annoncé la police turque dans un communiqué à la suite d’un des plus gros coups durs portés aux trafiquants d’art. Au total, 26 456 artefacts historiques ont été récupérés et 13 personnes arrêtées, selon l’agence Reuters.

Cette opération a permis aux autorités turques de mettre la main sur des objets uniques datant de l’Égypte ancienne, de la civilisation Hatti en Anatolie centrale ou encore de la période hellénistique. Parmi eux, un sabre vieux de 3000 ans forgé à la gloire d’Achille, une couronne remontant à l’antiquité grecque et décorée de feuilles d’or, ou encore un buste d’Alexandre le Grand réalisé à sa demande ont été saisis, selon le quotidien Daily Sabbah. Des bijoux, des pièces de monnaie, des figurines et des fossiles font également partie du butin qu’avait rassemblé le réseau de trafiquants.

Cette saisie record est le résultat de trois mois d’enquête menée par les membres de police chargés de l’affaire, baptisée « Opération Zeus ». Le premier volet de l’investigation a eu lieu le 12 décembre dans la province de Düzce, au nord-ouest de la Turquie, et a abouti à l’interpellation de six personnes qui tentaient d’écouler une partie de leur marchandise. Sept autres individus ont été arrêtés dans quatre provinces différentes.

Grâce aux informations recueillies lors des interrogatoires, la police aurait réussi à déterminer l’identité d’autres membres du réseau, selon le Daily Sabbah. Des sources policières ont également indiqué que l’objectif des trafiquants était d’exporter une partie des objets vers l’étranger.

La Turquie lutte depuis de nombreuses années contre le commerce illégal d’art et tente par différents moyens de remettre la main sur des objets historiques volés. En septembre dernier, un sarcophage romain retraçant les douze travaux d’Hercule a été restitué par la Suisse à la Turquie. Il avait été illégalement transféré par le biais d’un réseau de contrebande depuis la cité antique de Perge, dans la région d’Antalya.

Le conflit prolongé en Syrie a également entrainé une recrudescence du trafic à la frontière avec la Turquie. Outre les destructions du patrimoine historique syrien par l’organisation État Islamique, des trésors inestimables sont volés et transitent en partie par des réseaux turcs avant d’alimenter les marchés internationaux.

Jean-Baptiste Connolly

 

 

 

 

 

 

 

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