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Un accord historique pour la Colombie : fin de 60 ans de conflit avec les Farc

La Colombie semble renaître de ses cendres. Prévu à la Havane, un cessez-le-feu définitif entre la guérilla marxiste et le gouvernement Colombien doit être signé aujourd’hui. Un événement qui permettra aux Colombiens de tourner la page de près d’un demi-siècle de conflit et des années de négociations.

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« Jeudi 23 juin dernier jour de guerre »

« Jeudi 23 juin dernier jour de guerre » annonçait hier sur Twitter l’un des négociateurs des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), Luis Antonio Losada. Un cessez-le-feu « bilatéral et définitif » est prévu entre les Farc et le gouvernement colombien, effectif dès demain.

Après avoir accueilli trois longues années de négociations, La Havane devient enfin un berceau de la paix pour le président colombien Juan Manuel Santos et le commandant des Farc, Timoleon Jimenez. L’accord historique sera finalisé sous forme de cérémonie, assistée par le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, par le président du Vénézuéla Nicolas Maduro, ainsi que par les garants de l’accord : le président cubain Raul Castro et le ministre des Affaires étrangères de Norvège, Borge Brende.

Selon les informations recueillies par le quotidien colombien El Espectador, l’accord est divisé en trois points. Le premier –et le plus important- consiste à déterminer une « feuille de route » qui permettra ensuite d’aboutir au désarmement progressif et la fin des hostilités. Entre autres, un système de vérification sera mis en place afin d’assurer l’efficience de l’accord.

Le débat continue

Sur les réseaux sociaux, les internautes s’enflamment avec le hashtag #UltimoDiaDeLaGuerra –dernier jour de guerre-, lancé hier par le maire de Bogota Gustavo Petro. Pourtant, si cet accord est historique et sera inscrit dans la Constitution colombienne, les discussions et débats continuent, et de nombreux points restent encore à traiter.

“Toute négociation entre un gouvernement et une guérilla doit faire face au même problème, car un accord de paix est un accord politique, et donc il a besoin des mesures additionnelles pour assurer sa solidité et sa stabilité dans le temps » annonce le chef de la délégation du gouvernement aux pourparlers, Humberto de la Calle.

La lutte contre les comportements criminels post-paix est évidemment l’un des sujets les plus sensibles à traiter, pouvant menacer la mise en œuvre des accords. Quant à l’implication des Farc dans la politique du pays, la question reste pour l’instant en suspens.

Mais l’heure est à la paix. En attendant, les Colombiens se réjouissent de ce jour historique, mettant un point final à un conflit qui a déplacé des populations entières et tué près de 220 000 personnes. Quant au gouvernement, la poignée de main finale est fixée au 20 Juillet, jour de la fête nationale.

C.R

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