Société

Un journaliste une deuxième fois sanctionné pour insulte au président

La presse a dû à nouveau comprendre qu’une certaine rigueur de propos était de mise, après une accusation pour diffamation de l’éditeur en chef du journal de gauche radicale BirGün. Une sanction qui se veut un avertissement dans un contexte politique mouvant.

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Barış İnce, éditeur en chef de BirGün.

L’éditeur en chef du journal BirGün, Barış İnce, doit s’acquitter de la somme de 7500 T pour avoir insulté le président Recep Tayyip Erdoğan, en dénonçant ouvertement et trop véhémentement dans ses colonnes les opérations de corruption des 17 au 25 décembre 2014. Au lendemain du coup de filet anti-corruption réalisé par la police turque à Istanbul et Ankara et qui visait son entourage, Recep Tayyip Erdogan, le chef du gouvernement turc, avait alors affiché sa fermeté le 18 décembre : « Nous n’accepterons pas ces manipulations politiques », avait déclaré le Premier ministre devant la presse, qualifiant les arrestations de « sale opération ». Aujourd’hui, Barış İnce a franchi les limites. L’accusation pour diffamation a été portée en première instance devant la seconde cours d’assises d’Istanbul, par le président lui-même.

Le journaliste devait déjà 10 000 TL au président, pour avoir précédemment tenu des propos diffamants contre le chef de l’état et contre son fils, Bilal Erdoğan, à la une du journal de la fondation TÜRGEV. Dans le même temps, un professeur retraité de 62 ans a été aujourd’hui arrêté et condamné à un an, deux mois et dix-sept jours d’emprisonnement pour avoir insulté sur Facebook le président Erdoğan. « Je n’ai jamais fait que de légères critiques », s’est défendu ce dernier. « Je n’ai pas écrit les commentaires pour lesquels je suis accusé. (…) J’aime le Premier ministre (…) je le critique parfois, occasionnellement, mais ces mots négatifs ne sont pas les miens », a-t-il ajouté. Le tribunal a cependant rejeté sa défense, preuves à l’appui de l’inculpation de l’accusé. La multiplication de tels propos incontrôlés amène à une restriction de plus en plus drastique des mesures prises contre l’expression démesurée. Une période démocratique houleuse ?…

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