Culture

Un Turc parmi les lauréats du prix Nobel de Chimie

Le prix Nobel de Chimie a été décerné mercredi à Oslo à l’Américain Paul Modrich, au Suédois Tomas Lindahl et au Turco-américain Aziz Sancar. Ce dernier, qui est né en Turquie et y a grandi, reçoit la moitié du prix, tandis que l’autre moitié est partagée entre les deux autres. Il s’agit du tout premier Nobel de Chimie pour un Turc et du deuxième de l’histoire de la Turquie, après Orhan Pamuk en Littérature en 2006.

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Les travaux de ces trois scientifiques, sur la réparation d’un ADN dégradé, a contribué à la mise en place de traitements contre le cancer. Aziz Sancar a cartographié le mécanisme par lequel les cellules permettent de réparer les dommages causés à l’ADN par les rayons UV, une contribution qui lui vaut de recevoir la moitié du prix.

L’heureux lauréat s’est dit « très surpris » par cette récompense, mais bien sûr aussi très heureux. Mais pas seulement pour lui : ses pensées ont rapidement été pour son pays d’origine. « Je suis sûr qu’il y aura des [festivités en Turquie] », a-t-il dit, « cela fait des années qu’ils me demandent “ Quand vas-tu avoir le prix Nobel ? ” et j’étais fatigué de l’entendre, donc je suis aussi très heureux pour mon pays. »

Il s’est par ailleurs affirmé « très fier de [sa] famille, ainsi que de [son] pays d’origine et de [son] pays d’adoption (les Etats-Unis), et tout spécialement de la Turquie ; c’est important ».

Aziz Sancar est né en 1946 à Savur, dans le Sud-Est, près de Mardin. Il est le cousin de Mithat Sancar, actuel député du Parti démocratique des peuples (HDP) de Mardin. Septième d’une famille de huit enfants, ses parents « étaient illettrés mais accordaient beaucoup d’importance à l’éducation et ont fait tout leur possible pour que leurs enfants reçoivent une bonne éducation ». Il a suivi des études médecine à l’Université d’Istanbul, puis a émigré aux Etats-Unis après avoir reçu son diplôme, où il a obtenu son doctorat sur la bactérie Escherichia coli en 1977. Il est l’auteur de 33 livres et de plus de 200 articles scientifiques.

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Il recevra son prix le 10 décembre, jour anniversaire du décès d’Alfred Nobel, le fondateur du prix, ainsi qu’un chèque de 2,8 millions d’euros.

Il s’agit enfin d’une bonne nouvelle pour l’Université d’Istanbul, qui aura donc porté les deux prix Nobel turcs : Orhan Pamuk en journalisme, et désormais Aziz Sancar en médecine. Suite à son Nobel de Littérature en 2006, Ohran Pamuk avait en effet permis d’apporter 15,1 points à l’université, la faisant grimper dans les classements.

Néanmoins, si les Turcs sont globalement très heureux et très fiers de cette récompense, les tensions actuelles se font malheureusement ressentir, certains articles choisissant de présenter Aziz Sancar comme Kurde, d’autres comme Turc… Des provocations qui n’altèrent en rien la liesse du peuple turc.

Noémie Allart


 

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