Politique

Une délégation turque s’est rendue à Damas

Aujourd’hui revient de Damas une délégation turque comportant des hommes d’affaires, des parlementaires et des anciens ministres, et conduite par Doğu Perinçek, président du Parti patriotique (Vatan Partisi), l’ex Parti des travailleurs (İşçi Partisi). Elle s’était envolée pour la Syrie, le 28 février au soir, afin de procéder à des réunions officielles avec le régime syrien.

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Après la rencontre polémique organisée la semaine dernière entre quatre élus français et Bachar el-Assad, c’est cette fois une délégation turque qui a rendu visite au régime de Damas. En plus de Perinçek, cette délégation comportait entre autre Ümit Akkoyunlu ; les parlementaires Süheyl Batum et Birgül Ayman Güler ; l’ancien ministre de la Défense Barlas Doğu ; le président de la chambre de commerce d’Adana Fırat Karalı ; İsmail Hakkı Pekin, député du Parti patriotique et ancienne tête des services de renseignements de l’Etat-major ; Abdüllatif Şener, vice-Premier ministre entre 2002 et 2007 et membre fondateur de l’AKP ; ou encore Mehmet Yuva, coordinateur général du comité d’amitié turco-syrien.

« Ceux qui attaquent la Syrie, attaqueront également la Turquie »

Ils ont été reçus le 1er mars au quartier général du parti Baas, le parti au pouvoir, par Hilal al-Hilal, son secrétaire général. Ce dernier a déclaré : « Nous savons que votre parti a de très profondes racines au sein du peuple turc, et que votre parti provient d’une grande tradition. Nous delegation_1savons que vous accordez une grande importance à la laïcité. Alors que Recep Tayyip Erdoğan n’abandonne toujours pas le ‘neo-ottomanisme’, vous représentez la Turquie moderne. Et nous pensons que la République fondée par Atatürk ne se dissoudra pas si facilement. (..) Notre président, M. Bachar el-Assad, avait prévenu au début : Ces terroristes qui attaquent aujourd’hui la Syrie, attaqueront la Turquie dans le futur. »

« Nous sommes à la maison ici »

Pour sa part, Doğu Perinçek a exprimé l’importance que son parti accordait à son voisin syrien : « Nous sommes ici chez nous. Nous sommes venus en tant tque délégation turque. Ce qui nous unit est l’indépendance, l’intégrité à la fois de la Turquie et de la Syrie. La Syrie est notre ligne de front, c’est la ligne de front de toute l’humanité (…) parce que la Syrie est aujourd’hui en train de défendre l’ensemble du monde oppressé. L’expérience a démontré que l’intégrité territoriale de la Syrie signifie également l’intégrité territoriale de la Turquie. Nous rejetons catégoriquement l’exportation de la terreur en Syrie. Alimenter le feu chez votre voisin est être déloyal et dénué de vertu. »

« Bientôt un gouvernement turc ami de la Syrie sera mis en place. C’est ce dont la Turquie a besoin. Vous verrez que ceux qui sont déloyaux envers leurs voisins s’écrouleront. », a-t-il également prophétisé avant de se montrer ambitieux pour le futur économique de la région : « l’union des pays de la région nous assurera à tous une grande prospérité économique. L’union de la Turquie, de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran et de l’Azerbaïdjan, à savoir l’union des cinq mers et cinq pays, nous complètera les uns les autres. »

« Paix dans le pays, paix à l’extérieur »

Au cours du meeting, d’autres membres de la délégation turque ont pris la parole. Barlas Doğu, conseiller en chef du président du Parti patriorique et ancien ministre de la Défense a rappelé que le principe kémaliste « paix dans le pays, paix à l’extérieur » constituait la base de la politique étrangère de la délégation, et que celle-ci supportait par conséquent le projet « cinq mers-cinq pays » du président syrien. De son côté, Abdüllatif Şener, ancien vice-Premier ministre entre 2002 et 2007, a fait part de sa conviction de voir disparaître tous les groupes terroristes tandis que demeureront le gouvernement syrien ainsi que la République turque.

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Mufti_SyriaHier matin, la délégation a rencontré le grand Mufti de la République syrienne, Bedreddin Ahmed Hassoun qui les a accueilli en annonçant : « Vous êtes venus ici en brisant la barrière des mensonges propagés sur la Syrie. » Le « Mufti de la république », a ensuite souligné l’importance de la laïcité : « Je suis un Mufti laïc. Je supporte la séparation entre la religion et la politique. » Il a expliqué se considérer comme le Mufti de tous les Syriens, aussi bien des musulmans, que des chrétiens ou même des athées. Celui pour qui des pays comme la Turquie et la Syrie se doivent d’être laïcs pour exister a ensuite déclaré : « La religion est pour la conscience, et les lois pour la société ».Ministre_AE

Enfin, hier après-midi, la délégation a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères Velid Muallim et le ministre adjoint Faisal Mikdad. Les grands problèmes régionaux ont été évoqués. Les deux côtés se sont accordés à dire que la terreur constituait un problème pour tous les pays de la région et dont la résolution nécessite une coopération de tout le Moyen-Orient.

 

 

 

 

2 Comments

  1. Défendre la Syrie, oui, bien sûr.
    Mais défendre son régime et son soit-disant président c’est de faire l’apologie du terrorisme.
    Bachar et son régime ne valent pas mieux que la Daech.
    J’espère que nos hommes politiques ne sont pas dupes… Ne peut-on pas comparer cette délégation à nos 4 parlementaires, les « gugusses » ?

  2. MEYER

    Bachar Assad est gênant pour ceux qui avancent discrètement leurs pions sur l’échiquier mondial. Selon plusieurs journaux dont le New York Times, le London Review of Books et Zaman France que je cite « Un journaliste d’investigation américain Seymour Hersh (lauréat du prix Pulitzer) a prétendu que l’utilisation en Syrie du gaz sarin en août 2013 avait été commandée par la Turquie. Raison : pousser les Etats-Unis à intervenir contre Bachar. »

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