Politique, Société

Violences policières instrumentalisées

Manon articleLe 26 mai à Toulouse, en marge des manifestations contre la loi Travail, une femme a été victime d’un geste particulièrement violent de la part d’un policier. La scène a été tournée par un amateur, la vidéo est largement diffusée sur les réseaux sociaux, réactivant le débat sur les violences policières. Derrière la vision manichéenne relatée par les médias où la question centrale semble être le choix d’un « camp », policier ou manifestant, se trouve une réalité plus complexe.

Les médias français avec l’appui des réseaux sociaux qui leur font écho, semblent vouloir diviser l’opinion publique. Ils incitent à se placer d’un côté ou de l’autre, prenant la défense soit des manifestants soit des policiers. La manipulation d’opinion est réelle. D’un côté, la vidéo choc de la voiture de police incendiée, de l’autre, la photo d’un manifestant qui a perdu son œil à cause d’un flashball. Si les réseaux sociaux semblent être le lieu privilégié où les opinions s’affrontent, les médias de masse semblent prendre parti : les manifestants sont des casseurs. Ils parlaient même d’une « haine anti-flic », pendant que les témoignages contre les violences policières s’accumulaient.

Malgré un discours qui se voulait prudent par la suite quant à la généralisation (« les casseurs et les policiers violents sont marginaux »), les évènements relatés semblaient avoir pour but d’occulter le sujet de la manifestation.  Ensuite, le discours a évolué pour tendre vers plus d’objectivité. La CGT Police s’est exprimée et a accusé le gouvernement d’attiser la violence lors des manifestations. Dans une interview accordée à l’Humanité le 4 mai 2016, Alexandre Langlois, Secrétaire général, déclare : « […] à la fin de la journée, les médias ne parlent que des violences, et surtout plus des raisons pour lesquelles les citoyens manifestent. Le pouvoir politique instrumentalise la police, qui sert de bouc émissaire. Cela permet au gouvernement de faire diversion. »

En effet, la mise en scène d’affrontements et de conflits choc, tout comme les messages infantilisants, méprisants voire accusateurs, notamment envers la dernière action du syndicat CGT-Livre, ont pour objet de déresponsabiliser les grévistes en France. Plus que jamais, cette contestation témoigne du fossé qui sépare la classe politique actuelle ainsi que ses intérêts, des citoyens français. Le gouvernement français, sur la défensive, prend conscience de la détermination de la mobilisation sociale à voir ce texte supprimé. Cela dit, cette attitude réactionnelle est déplorable et souligne le rapport de force malsain installé entre dans une relation qui se restreint à un unique rapport gouvernement-gouvernés.

 Manon Guilbert

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