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Zone de sécurité en Syrie : les Etats-Unis démentent un accord avec la Turquie

Mardi, Ankara a annoncé l’aboutissement de l’accord passé avec les Etats-Unis sur l’établissement d’une « zone de sécurité » au nord de la Syrie. Ce que Washington a par la suite démenti.

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Le sous-secrétaire d’Etat turc des affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu, a annoncé mardi sur la chaîne CNN Türk la finalisation de l’accord passé entre Washington et Ankara  sur la création de la « zone de sécurité » visant à écarter l’organisation Etat islamique (EI) mais aussi les combattants kurdes de Turquie. « Si le PYD [Parti kurde de l’union démocratique] ou Daesh pénètrent dans cette région, ils seront frappés par la Turquie et par les Etats-Unis », a ajouté Sinirlioğlu. Cette zone, longtemps réclamée par le président Recep Tayyip Erdoğan, avait pourtant jusqu’ici toujours été reconduite par les Etats-Unis.

Selon CNN Türk, les deux pays alliés ont prévu d’établir une zone de 98 km de long sur 45 km de large, le long de la frontière syrienne. Les troupes de l’Armée syrienne libre (ASL) devraient y effectuer des patrouilles au sol. Quelques heures plus tard, un communiqué a été publié, dans lequel Sinirlioğlu déclare que « le contrôle et la protection de cette région débarrassée [de l’EI] seront assurés par les forces d’opposition syriennes et la défense aérienne et le soutien nécessaire pour ce faire […] sera fourni par les Etats-Unis et la Turquie. »

Washington s’est cependant empressé de démentir ces affirmations. Mark Toner, porte-parole du département de l’Etat américain, a répondu qu’« il n’y a aucun accord sur quelque zone que ce soit […]. Nous avons été assez clairs en disant qu’il n’y avait aucune zone, aucun sanctuaire, ce n’est pas de cela que nous parlons. Ce dont nous parlons, c’est d’un effort soutenu pour chasser l’EI de la région », a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

Chars turc à la frontière syrienne.

La semaine dernière, six nouveaux F-16 et plus de 300 soldats américains ont été déployés sur place, après les premiers raids de drones armés effectués depuis la base militaire d’İncirlik, désormais sous contrôle de l’armée américaine. Aucune frappe aérienne n’a cependant encore eu lieu. Les Etats-Unis comptent toujours apporter leur soutien aérien à la Turquie et envisagent d’envoyer quelques rebelles entraînés par l’armée pour combattre les forces de l’EI, depuis les bases militaires turques d’İncirlik et d’Adana, entre autres.

Des responsables américains ont récemment annoncé que des discussions sur la taille et les objectifs de la « zone de sécurité » étaient effectivement en train de se dérouler, néanmoins une zone d’exclusion aérienne a été complétement rejetée par l’armée américaine, la Turquie l’ayant pourtant revendiquée.

Interrogé sur les offensives turques contre le Parti de l’union démocratique syrien (PYD), Washington soutient ne pas prendre position sur ces attaques. A ce sujet, Toner a ajouté que l’accord passé entre Washington et Ankara ne permettait en rien la Turquie d’attaquer le PYD. La branche armée du PYD, les Unités de protection du peuple (YPG) ont pourtant réussi à écarter l’EI du nord de la Syrie, grâce, notamment, au soutien aérien apporté par la coalition menée par les Etats-Unis. La Turquie suspecte néanmoins le YPG d’être affilié aux forces armées du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), reconnu par cette dernière et par les Etats-Unis comme une organisation terroriste. Toner a tenu à poursuivre en mettant l’accent sur le fait que les Etats-Unis se concentraient uniquement sur la menace représentée par l’EI et qu’ils ne soutenaient en aucun cas les offensives turques menées contre le PKK.

Ces derniers jours, l’EI semble avoir renforcé ses attaques, notamment dans la région située au nord d’Alep, près de la ville de Marea, non loin de la frontière syrienne. Lundi, le front Al-Nosra, groupe armé affilié à Al-Qaida, a déclaré qu’il se retirait de ces zones.

Sophie de Tapia

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