C’est, en effet, une zone à défendre. À proximité du jardin du Luxembourg, niché dans la verdure calme d’un jardin rempli de sculptures se cache un petit musée.
C’est, en effet, une zone à défendre. À proximité du jardin du Luxembourg, niché dans la verdure calme d’un jardin rempli de sculptures se cache un petit musée. En contraste total avec la petite taille de la maison, des sculptures humaines de grande taille vous accueillent dès votre premier pas à l’entrée. La pierre et le marbre, le bois et la terre, le plâtre et le bronze… Toute la matière de notre Terre vous attend dans cette maison-atelier où un certain sculpteur d’origine biélorusse, figure majeure de l’École de Paris, a vécu et a travaillé de 1928 à 1967. Une œuvre monumentale qui vous rappelle la force destructrice de la guerre et la douleur en même temps que le renouveau et la douceur vous y surprend.
« Je pense que les sculpteurs de ma génération tels que Gaudier-Brzeska, Villon, Archipenko, Brancusi, Lipschitz et moi-même, disait-il, pouvons être considérés comme les continuateurs de l’antique tradition de ces tailleurs de pierre et de bois, qui, partis de la forêt, chantaient librement leurs rêves d’oiseaux fantastiques et de grands fûts d’arbres. »
En effet… Zadkine en faisait bien partie. Il y a quelque chose de grand dans son œuvre et seules deux secondes vous suffisent à vous arracher au chaos de la ville.
Ossip Zadkine, sculpteur et peintre d’origine biélorusse, est né en 1890 à Vitebsk, une ville alors située dans l’Empire russe. Très jeune, il se met à dessiner, s’initie au travail du bois et quitte sa terre natale pour découvrir de nouveaux mondes. Après un bref séjour en Angleterre, il s’installe à Paris qui devient le centre de sa vie et de sa création artistique. Il s'y affirme comme l’une des grandes figures de la sculpture moderne. Il travaille le bois, la pierre et le bronze et son œuvre explore sans cesse le corps humain, ses douleurs, mais aussi sa force et sa vivacité.
En 1941, Zadkine quitte la France pour s'exiler aux États-Unis. La fin de la guerre marque aussi son retour à Paris où il continue d’enseigner et de sculpter de multiples formes, souvent monumentales.
Aujourd’hui, son atelier devenu un petit musée présente son magnifique parcours. De ses premières sculptures taillées dans le bois ou la pierre, à ses illustrations, l’œuvre de Zadkine témoigne d'une grande force.
Regardez son œuvre la plus emblématique, La Ville détruite (1953), qui rend hommage à Rotterdam anéantie par les bombardements nazis. Qui pourrait rester aveugle face à cette force qui crie le traumatisme de la guerre et la mémoire des villes brisées ?
« Dessine, confiait-il à son épouse Valentine. Il n’y a que le dessin pour remettre d’aplomb. On ne peut se laisser à l’ennui ou à la tristesse si on dessine. » Il avait raison. « L’émotion ! L’humain !... » C’est, en effet, une zone à défendre de haute importance. Une Z.A.D. ZAD comme Zadkine…
Ali Türek